Bientôt un vaccin contre le paludisme?

SANTE Les laboratoires pharmaceutiques se penchent sur une maladie du tiers-monde…

M.N

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CDC

Les firmes pharmaceutiques des pays riches s’attaquent au paludisme. Sanofi Pasteur, la division vaccins du groupe pharmaceutique Sanofi-Aventis, a signé un accord de collaboration avec l'Institut Pasteur pour le développement d'un vaccin contre cette maladie qui touche principalement l’Afrique subsaharienne (80% des cas). Le paludisme est une parasitose, c’est-à-dire une maladie transmise par un parasite; le responsable est un moustique femelle, l'anophèle, provoquant des fièvres intermittentes, très souvent mortelles.

Pasteur partage ses antigènes

Le partenariat entre les deux permettra à Sanofi d'avoir accès à des antigènes du parasite responsables des formes mortelles de paludisme. Les antigènes du paludisme ont été identifiés par l'Institut Pasteur, et il sont la signature biologique du virus. C'est la reconnaissance de l'antigène par les cellules immunocompétentes qui active la réponse immunitaire. Le Français Sanofi n’est pas le seul dans la course contre le paludisme (ou malaria). Des chercheurs de l'Université de Barcelone travaillent avec la compagnie pharmaceutique GlaxoSmithKline pour développer un vaccin. Un premier vaccin a été mis à l'essai sur plus de 2.000 enfants au Mozambique.

L’Afrique n’est pas seule

Avec 300 à 500 millions de malades et 1,5 à 2,7 millions de décès par an, le paludisme demeure la parasitose tropicale la plus importante. La majorité des cas est enregistrée en Afrique subsaharienne, où ils concernent majoritairement les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes (OMS, 2005). Mais il est faux de croire que le paludisme (ou malaria) est confiné au seul continent noir. C’est «un préjugé facile» explique Pierre Druilhe de l’institut Pasteur. «La maladie fait beaucoup de mal en Inde où elle revient, en Asie du sud-est, en Amérique du sud, et même au Brésil, ralentissant l’activité économique de du pays.» Alors pourquoi ne parle ton que de l’Afrique: «Car les pays africains ont des systèmes de santé plus faibles qu’en Asie ou en Amérique du sud, d’où une mortalité plus élevée.»

Mardi, un entretien complet avec Pierre Druilhe, spécialiste des parasitoses à l'institut Pasteur…