Une cour de justice trouve «neuf erreurs» dans le film d'Al Gore

ENVIRONNEMENT Avant d’être diffusé dans les écoles, la plus haute juridiction britannique demande que la «Vérité qui dérange» soit...

M.N

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"Une vérité qui dérange", documentaire de Davis Guggenheim (Etats-Unis, 1H38), expose la croisade de l'Américain Al Gore, ancien vice-président de Bill Clinton (1993-2001), contre le réchauffement climatique. Dans ce film qui ne se veut pas pamphlétaire, Al Gore s'efforce de montrer qu'il s'agit du "plus grand défi moral auquel est confrontée l'humanité".
"Une vérité qui dérange", documentaire de Davis Guggenheim (Etats-Unis, 1H38), expose la croisade de l'Américain Al Gore, ancien vice-président de Bill Clinton (1993-2001), contre le réchauffement climatique. Dans ce film qui ne se veut pas pamphlétaire, Al Gore s'efforce de montrer qu'il s'agit du "plus grand défi moral auquel est confrontée l'humanité". — AFP

Deux Oscars et des manquements à la rigueur scientifique. «La vérité qui dérange», le film militant d’Al Gore a été passé au crible par la justice anglaise. Saisie par le chef d’établissement d’un lycée du Kent qui contestait le contenu du film, la «High Court» de Londres, la plus haute juridiction britannique, a répertorié «neuf erreurs» dans l’œuvre à laquelle l’ancien vice-président américain et candidat malheureux à la présidentielle 2000 prêtait sa voix. Neuf vérités dérangeantes qui, selon le juge, ne sont pas totalement validées par la communauté scientifique mondiale.

Et histoire de réparer ces «imprécisions», le film qui sera diffusé dans les collèges d’Angleterre, d’Ecosse et du pays de Galles, devra être accompagné d’un guide étayant les rectifications à apporter au long-métrage. Les professeurs devront mener la contradiction lors des projections pour contrebalancer le point de vue «trop catastrophique» de cette «vérité qui dérange».

Kilimandjaro

Petit tour des principales erreurs qu’aurait commise le nouveau chantre de l’écologie mondiale.

Première assertion qui pose problème selon la «High Court»: l’élévation du niveau de la mer. Sur fond de fonte des glaciers de l’Antarctique et ceux du Groenland, Al Gore affirme que les océans s’élèveront de 6 mètres d’ici à 20 ans. Trop alarmiste selon les autorités judiciaires anglaises pour qui ce niveau sera atteint au mieux à la fin du millénaire. De même que le juge doute du lien direct entre le réchauffement climatique et l’ouragan Katrina, la tempête tropicale qui avait ravagé la Nouvelle-Orléans en 2005. « Il n’y aucune donnée scientifique montrant l’évidence de cette thèse.»

La pollution tue «aussi» les coraux

Autre point d’achoppement: la disparition progressive des neiges, anciennement «éternelles», du mont Kilimandjaro (Tanzanie). Il n’y a aucune raison de penser, dit la cour contrairement à Al Gore, que la fonte des neiges est due au réchauffement climatique et aux activités humaines.

Haro aussi sur les ours polaires qui se noient car ils devaient parcourir 96 kilomètres pour trouver de la banquise. La cour rappelle qu’effectivement des scientifiques ont retrouvé les cadavres de quatre ours noyés mais la cause était une tempête, et non la fonte de la banquise.

Le désaccord porte aussi sur la dégradation des ceintures de corail. Le verdict nuance: ce phénomène n’est pas «entièrement» la conséquence de la hausse des températures à la surface du globe. La haute juridiction pointe du doigt la pollution et la pêche «abusive» des réserves de poissons.

Downing Street gêné aux entournures

La décision de la justice londonienne tombe mal pour Downing Street. Elle embarrasse le gouvernement anglais puisque l’idée de montrer le film d’Al Gore aux élèves britanniques vient du ministère de l’éducation. L’objectif initial était d’alerter les collégiens sur les conséquences des rejets de gaz nocifs par les activités industrielles des êtres humains. Un lien de cause à effet que pourtant ne nie pas la «High Court».