ADN: Le projet de création d'un génome humain artificiel fait polémique

RECHERCHE Le projet suscite des inquiétudes sur le plan éthique…

20 Minutes avec agences

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Illustration carte du génome humain.
Illustration carte du génome humain. — E.FEFERBERG / AFP

Des scientifiques américains ont dévoilé jeudi un projet visant à créer un génome humain artificiel, baptisé « Human Genome Project-Write » ou « HGP-write ».

L’intérêt ? Permettre de nombreuses avancées scientifiques et médicales, en rendant possible la fabrication de grandes parties d’ADN à un coût fortement réduit, selon les 25 promoteurs du projet. Parmi eux, George Church, professeur de génétique à la faculté de médecine de Harvard et Jef Boeke, du Centre médical Langone de l’Université de New York.

Créer des organes humains, produire des cellules résistantes…

« Les applications potentielles des résultats de HGP-write sont notamment la possibilité de créer des organes humains pour des transplantations et de produire des lignées de cellules résistantes à tous les virus et cancers », écrivent les chercheurs.

Selon eux, « il sera aussi possible de fortement accélérer la production de vaccins et de développer des médicaments en utilisant des cellules humaines et des organes synthétiques ».

Créer des enfants sans parents biologiques ?

Pourtant, la description du projet, publiée dans la revue Science, s’est déjà attiré les foudres de plusieurs scientifiques sur le plan éthique. Ils redoutent notamment sa capacité potentielle à créer des enfants sans parents biologiques.

Des chercheurs ont également dénoncé le secret qui avait entouré une réunion le mois dernier, à la faculté de médecine de Harvard, par les initiateurs, pour échanger avec une centaine de scientifiques.

« Il est nécessaire de poser les questions fondamentales »

« Avant le lancement d’un tel projet avec des implications éthiques et théologiques aussi énormes, il est nécessaire de poser les questions fondamentales en commençant par le fait de savoir si et dans quelles circonstances nous devrions faire de ces technologies une réalité », écrivent ainsi Drew Endy, de l’Université Stanford (Californie) et Laurie Zoloth, de Northwestern University (Illinois), cités par le New York Times.

« Nous faciliterons de larges échanges sur HGP-write », écrivent les promoteurs, en réponse aux inquiétudes, insistant sur la nécessité d’impliquer le public citant les implications éthiques, légales et sociales de cette entreprise.

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Piloté par une Organisation à but non-lucratif appelée «Center of Excellence for Engineering Biology », le plan cherchera à lever 100 millions de dollars cette année. Au total, son coût pourrait dépasser le milliard de dollars, selon des estimations.