L'oxygène retrouvée sur Tchouri est plus ancien que le système solaire, selon des chercheurs français

COMETE La sonde Rosetta avait découvert de l'oxygène sur la comète en octobre dernier... 

C.P.

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Cette photo, diffusée le 19 septembre 2014 par l'Agence spatiale européenne, montre la comète "Tchouri" alors que Rosetta était à 28,6 km de sa surface
Cette photo, diffusée le 19 septembre 2014 par l'Agence spatiale européenne, montre la comète "Tchouri" alors que Rosetta était à 28,6 km de sa surface — - ESA/ROSETTA/NAVCAM

Tchouri n’a pas fini de livrer ses secrets. En octobre dernier, la sonde européenne Rosetta avait détecté de l’oxygène sur la comète, à la grande surprise des chercheurs du monde entier. Huit mois plus tard, une équipe du CNRS dirigée par Olivier Mousis, a démontré que cet oxygène est « plus ancien que le système solaire et provient du milieu interstellaire ». Cette étude a été publiée le 1er juin dans The Astrophysical Journal Letters.

Une comète sacrément âgée

Selon les chercheurs, cet oxygène a été formé « à partir de molécules d’eau cassées par le bombardement de rayons cosmiques galactiques ». En clair : Tchouri comme n’importe quelle comète a été formée à partir de petits grains de glace agglomérés. Mais ceux découverts sur Tchouri - et notamment autour du nuage qui l’entoure en permanence - renferme de l’oxygène qui date d’avant la création du système solaire.

« Dans le milieu interstellaire, cette glace a été irradiée, bombardée de rayons cosmiques », explique au HuffPost Olivier Mousis. « Cela a fait fondre une partie de la glace, H2O, et a donc créé de l’oxygène. » Cet oxygène est ensuite resté prisonnier de la glace quand celle-ci s’est reformée. Selon le chercheur, cette découverte permet de mieux comprendre l’apparition du système solaire et l’apparition de la vie sur Terre.