Egypte: Une momie de femme tatouée vieille de 3.300 ans découverte

ARCHEOLOGIE Cette femme pourrait être une magicienne ayant vécu il y a 3.300 ans, quelques années après le règne de Toutankhamon...

20 Minutes avec agence

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La première momie égyptienne de femme tatouée a été découverte en 2015 dans le village de Deir el-Médineh.
La première momie égyptienne de femme tatouée a été découverte en 2015 dans le village de Deir el-Médineh. — Twitter/Standford University

La première momie égyptienne de femme tatouée a été découverte dans le village de Deir el-Médineh, par les équipes de l’égyptologue Cédric Gobeil. Selon l’expert de l’Ifao (Institut français d’archéologie orientale), cette momie est celle d’une femme ayant vécu il y a 3.300 ans, quelques années après le règne de Toutankhamon.

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Yeux Oudjat, représentations du dieu Thot, fleurs et vaches

Sur la gorge et les deux bras de cette femme momifiée figurent les yeux Oudjat « incarnant le signe Nefer qui signife bon, beau ou parfait », des babouins assis, des représentations du dieu Thot, « ayant une fonction prophylactique », des cobras ondulant, des fleurs et deux vaches se faisant face « représentant la déesse Hathor, laquelle faisait l’objet d’un culte à Deir el-Médineh », précise le chercheur.

Researchers at Stanford University find intricately designed body art on the well-preserved remains of a 3,000-year-old woman's body from Ancient Egypt.

Publié par ABC News sur vendredi 27 mai 2016

« Nous connaissions déjà une quinzaine de momies dotées de tatouages géométriques, mais avec des représentations animales, c’est la toute première fois ! », se réjouit Cédric Gobeil, joint par Le Point.

Des motifs de l’Égypte pharaonique

La découverte de cette « momie tatouée » remonte à 2015 et fait l’objet ce mois-ci d’un article publié dans la revue scientifique Nature. Cette année-là, à Deir el-Médineh, village des artisans de la Vallée des rois, Cédric Gobeil choisit d’explorer la tombe TT290. Celle qui avait déjà été fouillée rapidement par l’égyptologue Bernard Bruyère vers 1930 révèle alors « une  centaine de momies entassées, plus ou moins complètes, arrachées à leurs sarcophages par des pillards voilà de nombreux siècles », résume ABC News.

Invitée à participer aux fouilles, l’anthropologue américaine Anne Austin (Stanford University) repère très vite une momie sans tête ni jambes qui semble être couverte de tatouages. « Quand nous avons examiné ses photos après un traitement informatique, nous avons découvert à notre grande surprise que ces tatouages représentaient des motifs de l’Égypte pharaonique. Ce qui n’avait jamais été trouvé auparavant », se rappelle Cédric Gobeil.

Une prêtresse, une magicienne ou une musicienne

Vérifications faites, il s’agit bien de tatouages. « Ils étaient réalisés à peu près comme on pratique aujourd’hui. Les tatoueurs égyptiens recouvraient la peau d’un pigment bleu-noir obtenu en faisant brûler des végétaux, puis ils tatouaient avec un assemblage de plusieurs aiguilles », explique l’égyptologue.

Selon les experts, cette momie pourrait être une prêtresse ou d’une musicienne d’Hathor, chargée d’effectuer certains rituels. Selon Cédric Gobeil, « les serpents sur sa peau peuvent faire également penser à une magicienne qui pouvait venir en aide aux gens en tant que charmeuse de serpents ou de scorpions, ou même communiquer avec les morts ».