76 % des Français contre la modification génétique des embryons, selon un sondage

ETHIQUE La même proportion serait en revanche favorable à son utilisation sur des adultes ou enfants souffrant d’une maladie génétique...

20 Minutes avec agence

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L'ADN en 3D.
L'ADN en 3D. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

76 %. C’est la proportion de Français qui se disent opposés à la modification génétique des embryons, d’après un sondage Ifop rendu public mardi (lire en encadré). Il révèle également que seule une très faible proportion des sondés (9 %) déclare avoir déjà entendu parler de la technique CRISPR-Cas9, le procédé permettant de corriger le génome.

Et une fois expliquée aux intéressés, la méthode suscite des avis très polarisés. Ainsi, 76 % des Français sont favorables à son utilisation sur des adultes ou enfants souffrant d’une maladie génétique, afin d’améliorer leur qualité de vie et même de les soigner. Mais à l’inverse, la même proportion s’oppose (dont 40 % très fermement) au recours à cette technique pour modifier génétiquement des embryons humains.

« Un interdit très clair demeure pour autant ancré dans la société »

« Si cette technologie peut susciter des espoirs et être perçue positivement dans le cadre d’une thérapie auprès des personnes souffrant de maladies graves, un interdit très clair demeure pour autant ancré dans la société concernant les manipulations génétiques sur les embryons, pratiques pouvant ouvrir la porte à l’eugénisme », analysent les auteurs du sondage.

En outre, « dans ce contexte marqué par l’avancée de la recherche scientifique », 68 % des Français « se montrent (…) inquiets face au risque de voir se développer les comportements d’apprentis-sorciers », et la quasi même proportion (68 %) sont « demandeurs d’un encadrement juridique et éthique de ces progrès médicaux », indique le sondage.

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Pour rappel, en février, l’autorisation d’utiliser la technique Crispr-Cas9 sur des embryons humains, obtenue par une équipe de chercheurs de Londres (Royaume-Uni), avait suscité le débat.

 

Sondage Ifop réalisé en ligne du 19 au 20 mai auprès d'un échantillon représentatif de 1.007 personnes âgées de 18 ans et plus, méthode des quotas.