VIDEO. Mission ExoMars: Pourquoi les Européens partent seuls trouver de la vie sur Mars

ESPACE L’objectif de la mission ExoMars : détecter d’éventuelles traces de vie extraterrestre et se placer dans la course à la Planète rouge…

Hélène Menal

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L'orbiteur TGO de l'Agence spatiale européenne (ESA).
L'orbiteur TGO de l'Agence spatiale européenne (ESA). — ESA

Objectif Mars. Le lundi 14 mars, à 10h31, la mission ExoMars de l’ Agence spatiale européenne (ESA) décollera du pas de tir de Baïkonour. Le lanceur russe emportera avec lui un orbiteur qui doit atteindre la Planète rouge le 19 octobre, et un rover éphémère qui s’y posera et y survivra quatre jours.

Alors pourquoi l’Europe, appuyée uniquement par l’agence russe Roscosmos, part-elle seule sur Mars dont l’orbite est déjà sillonnée par six sondes et où deux rovers patrouillent désormais, dont le célèbre Curiosity ?

Rechercher des traces de vie

Le premier but de la mission lui a donné son nom. Il s’agit de rechercher des traces de vie extraterrestre. La sonde TGO (pour Trace gas orbiter) va repérer et étudier les gaz présents dans l’atmosphère martienne. Et notamment guetter le méthane, dont Curiosity a déjà décelé des traces. Or si le méthane peut être un témoin d’une activité volcanique, il va aussi systématiquement de pair avec une activité organique et bactérienne. TGO est équipé pour le localiser mais aussi savoir si sa présence du Mars est globale, très localisée ou saisonnière.

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TGO vise aussi une orbite parfaire qui lui permettra de jouer le rôle de relais de communication avec la Terre pour des missions ultérieures.

Préparer le terrain et rester dans la course

Schiaparelli, le module qui va se poser, est un éclaireur. Il va tâter le terrain pour le deuxième Rover de la mission ExoMars, un véritable laboratoire bardé d’instruments scientifiques et qui pourra forer jusqu’à deux mètres de profondeur. « La finalité est aussi de montrer que l’Europe sait se poser sur Mars avec des technologies porteuses d’avenir », souligne Pierre Bousquet, responsable des projets de planétologie du Cnes.

Schiaperrelli va traverser un champ de plus de 1.000°C. Surquipé en boucliers thermiques, il transporte aussi un mouchard qui permettra d’adapter les protections au plus juste pour la prochaine fois et donc d’alléger l’atterrisseur. Pour Pierre Bousquet, l’ESA doit se montrer « crédible et efficace » pour la suite. A l’horizon 2025 par exemple quand seule une mission internationale pourra tenter le pari plus si fou d ramener des roches martiennes.

Vaincre le signe martien

Et puis il s’agit aussi pour les Européens de cicatriser l’échec de Beagle 2. Ce tout petit atterrisseur de l’ESA s’est séparé le 19 décembre 2003 de la sonde européenne Mars Express, pour entamer sa descente vers la Planète rouge. Il n’a plus jamais donné signe de vie. Des photos satellitaires l’ont toutefois identifié à la surface de Mars en janvier 2015. Beagle 2 a donc bien atterri mais l’un de ses panneaux solaires ne s’est pas ouvert.