VIDEO. ISS: Comment Scott Kelly va se réadapter à la vie sur Terre après un an en orbite?

ESPACE L'astronaute américain Scott Kelly est rentré mardi d’une mission de 340 jours sur la station spatiale internationale. Médicalement, certaines précautions sont à prendre…

R.S.

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Scott Kelly, le 21 décembre 2015, lors d'une sortie la veille dans l'espace hors de la Station spatiale internationale.
Scott Kelly, le 21 décembre 2015, lors d'une sortie la veille dans l'espace hors de la Station spatiale internationale. — N.A.S.A/SIPA

Plonger dans une piscine. Voilà la première chose que Scott Kelly effectuera une fois qu’il aura posé ses valises chez lui. Pour la première fois depuis près d’un an, 340 jours exactement, cet astronaute américain de 52 ans, connu pour ses photos postées depuis l’espace sous  le hashtag #YearInSpace, goûtera aux petits plaisirs de la vie sur Terre.

Sa mission avec le Russe Mikhaïl Kornienko dans l’ISS, la station Internationale, prend fin ce mardi. Le docteur Bernard Comet, président de l’«Esa medical board », le bureau médical de l’Agence spatiale européenne, livre quelques conseils pour réussir son retour sur Terre.

Dans les heures qui suivent l’atterrissage :

Comme un marin à la fin d’un tour du monde, Scott Kelly doit s’attendre à « tanguer » en refoulant la terre ferme. Le « mal de terre » peut durer plusieurs minutes voire quelques heures. « Parfois, ils vomissent », témoigne le médecin qui a suivi 2 Français, 8 Russes et un Américain en fin de mission. « On leur fait des injections d’anti nauséeux et on n’en entend plus parler », poursuit le doc, au sujet d’un mal qui toucherait 75 % des astronautes. Par ailleurs, tous débarquent avec un pantalon « anti-g » le permettant de tenir debout si leurs jambes ne les soutiennent plus.

Dans les jours à venir :

Quand on vit en apesanteur, le corps s’adapte naturellement à ces conditions de légèreté extrême. La répartition des fluides dans le corps est ainsi bouleversée et il n’est pas rare que les astronautes débarquent déshydratés. Pour cette raison, une Américaine était tombée comme une mouche lors d’une conférence de presse, il y a quelques années, victime d’un malaise. « C’est comme si une personne alitée pendant plusieurs mois tenterait de se relever d’un seul coup. Pour lutter contre ça, on les réhydrate, indique Bernard Comet. Ils ont très soif, alors on leur prépare des tisanes, des boissons sucrées avec des minéraux adaptés. » Là-haut, même s’il buvait plus que d’habitude, Scott Kelly ne garderait pas le liquide. Il ressentirait une importante envie d’uriner. Pendant un vol spatial, les spécialistes estiment que le corps perd en moyenne 1,5L d’eau et de sel.

A plus long terme :

Aussi sportif soit-il, Scott Kelly a forcément perdu de la masse musculaire dans les airs puisque le corps n’a plus besoin d’une charpente pour être soutenue. En particulier au niveau des jambes et du dos. « La fonte musculaire, appelée hypokynésie, se rétablit en plusieurs semaines », indique le médecin. L’astronaute devra aussi gérer une perte osseuse. « Ils se déminéralisent comme lors d’une ostéoporose. » Vivre plus près du soleil induit aussi un taux de radiation plus élevé. Le risque de cancers dits « radio induits » augmente de 3 % quand la radiation atteint 200 rem, l’unité de mesure des rayons X. Historiquement, les astronautes les plus exposés sont montés à 68 rem. Enfin, les médecins surveilleront la vision de l’ancien passager de l’ISS. D’une manière générale, 10 % d’entre eux sont victimes de troubles visuels. « On fait beaucoup de recherche là-dessus mais on n’a pas la raison », regrette le docteur Comet. Cette perte est certainement due à la microgravité, qui provoque une pression importante sur le globe oculaire.

A bord de l'ISS, l'astronaute américain s'est offert une petite partie de ping-pong en apesanteur avec une balle en eau.
A bord de l'ISS, l'astronaute américain s'est offert une petite partie de ping-pong en apesanteur avec une balle en eau. - NASA Johnson / YouTube