Le lancement du robot martien InSight repoussé à cause d'un retard français

SCIENCES Le CNES n'a pas réussi à réparer à temps un instrument crucial...

P.B. avec AFP

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Illustration du robot martien InSight, dont le lancement a été repoussé par la Nasa.
Illustration du robot martien InSight, dont le lancement a été repoussé par la Nasa. — NASA

Les dieux de la conquête spatiale ne sont pas avec le robot InSight. Alors qu’il devait partir pour sa mission martienne en mars 2016, le rover de la Nasa devra sans doute attendre 2018 pour aller creuser le sol de notre voisine. La raison ? Un problème sur un instrument de mesure fourni par l’agence spatiale française (CNES), et un mauvais alignement des planètes par la suite.

« Nous ne sommes pas prêts pour la fenêtre de tir 2016 », a déclaré mardi John Grunsfeld, administrateur adjoint de l’agence spatiale américaine, annonçant la suspension du programme.

En cause, un outil de mesure des mouvements sismiques (SEIS, en rouge sur l'illustration) sur lequel les scientifiques ont décelé un problème. Après des tests lundi, ils ont conclu que la machine n’était pas totalement hermétique et donc incapable de fonctionner dans les conditions extrêmes de la Planète rouge. « C’est un coup dur », a reconnu le président du CNES, Jean-Yves Le Gall. « Cela montre que nous faisons un métier extrêmement difficile ».

Une micro-fuite non identifiée

« La difficulté provient d’une sphère à l’intérieur de laquelle est placée l’expérience du CNES », a expliqué Le Gall à l’AFP. « Cela fait trois mois que l’on travaille sur ce problème. On pensait qu’il était réglé. En fait il s’avère qu’il ne l’est pas. Manifestement il y a une microfuite qu’on n’arrive pas à identifier ».

Selon le directeur du Centre spatial de Toulouse, Marc Pircher, cité dans un communiqué de la Nasa, « c’est la première fois qu’un instrument aussi sensible est construit (…). Nos équipes vont trouver une solution, mais (l’anomalie) ne sera pas résolue à temps pour un lancement en 2016 ».

Alignement non favorable

Le problème, c’est que la prochaine fenêtre proposant un alignement favorable ne s’ouvrira pas avant la mi-2018. La question est maintenant de chiffrer le coût du retard, alors qu’InSight, douzième mission du programme Discovery de la Nasa, représente 675 millions de dollars, dont 525 millions ont déjà été dépensés.

« Nous devons décider de poursuivre ou non et cela dépendra des coûts », a affirmé John Grunsfeld. Tout n’est pas perdu pour InSight. La mission Curiosity avait été repoussée de deux ans avant de connaître un succès retentissant.

La Nasa avait annoncé en août 2012 le projet InSight (Interior Exploration using Seismic Investigations, Geodesy and Heat Transport) destiné à étudier les entrailles de Mars. Le but est notamment de déterminer si le coeur de la Planète rouge est solide ou liquide et pourquoi sa surface n’est pas composée de plaques tectoniques mouvantes comme la Terre. Le robot InSight, contrairement à Curiosity qui arpente Mars depuis août 2012 à la recherche d’éventuelles traces de vie passée, n’est pas mobile.