VIDEO. Espace: Victoire pour Jeff Bezos et sa fusée réutilisable

ESPACE L'exploit du patron d'Amason donne une longueur d'avance à sa société de transport spatial, Blue Origin, dans la course aux lanceurs réutilisables, un marché au potentiel énorme...  

Nicolas Bégasse

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Le New Shepard de Blue origin décolle depuis le Texas, le 23 novembre 2015.
Le New Shepard de Blue origin décolle depuis le Texas, le 23 novembre 2015. — AP/SIPA

Musique rock, effets spéciaux et champagne à gogo : le patron d’Amazon, Jeff Bezos, a mis le paquet pour fêter son exploit réalisé cette semaine : faire décoller une fusée, l’amener dans l’espace et la faire atterrir, indemne, à quelques mètres de son pas de tir.

« La plus rare des bêtes – une fusée usagée. L’atterrissage contrôlé n’est pas simple, mais quand on le fait bien, ça paraît simple », se fait mousser dans son tout premier tweet celui qui s’est lancé dans l’aventure aérospatiale avec sa société Blue Origin, dans la lignée des autres grands patrons passionnés d’espace, Richard Branson (Virgin) et Elon Musk (SpaceX).

Une chute à 7.000 km/h

Sa satisfaction n’est pas volée : dans la course aux fusées réutilisables, à laquelle participent aussi Airbus et SpaceX, Bezos prend une longueur d’avance. Son lanceur New Shepard a effectué lundi un vol d’essai suborbital atteignant 101 kilomètres d’altitude – soit un petit kilomètre au-dessus de ce qui est reconnu comme étant la frontière avec l’espace.

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Là, il a largué une capsule, inhabitée mais pouvant abriter six personnes… et devant à terme accueillir les touristes de l’espace payant le prix fort pour quatre minutes passées dans l’espace, avant de retomber. La fusée a ensuite rallumé son unique moteur à environ 1.500 mètres d’altitude pour freiner sa descente alors que sa vitesse atteignait, à son maximum, 7.000 km/h. Le lanceur a pu ainsi venir se poser quasiment au même point d’où il avait décollé, au Texas. La capsule, elle, s’est posée sans encombre via un classique trio de parachutes.

Elon Musk, mauvais perdant ?

Faire atterrir une fusée pour la réutiliser ensuite est un enjeu majeur du secteur du transport spatial. Comme 20 Minutes l’expliquait il y a quelques mois, avant une tentative ratée de SpaceX en ce sens, les lanceurs réutilisables permettraient de réduire drastiquement les coûts d’accès à l’espace. Une entreprise maîtrisant cette technologie deviendrait incontournable et écraserait la concurrence.

En parlant de concurrence, il faut mentionner les félicitations très grinçantes adressées par Elon Musk, dont tous les lanceurs ont pour l’instant été détruits lors de leur tentative d’atterrissage, à son concurrent Jeff Bezos. Sur Twitter, le patron de SpaceX a souligné que la fusée de Bezos n’avait effectué qu’un vol suborbital : elle était assez puissante pour atteindre l’espace, mais bien trop faible pour envoyer des objets en orbite comme le font les lanceurs de SpaceX. En gros, ce qu’a réussi Bezos avec une bicyclette, Musk essaye de le faire avec une Formule 1. C’est bien, mais les deux ne jouent pas dans la même catégorie.

Elon Musk enfonce d’ailleurs le clou en rappelant que faire décoller un lanceur-test et le récupérer au sol sans dégât, il l’a déjà fait plusieurs fois avec ses fusées Grasshopper. Certes. Mais avouons-le, quand on regarde la vidéo du lanceur de SpaceX, on est clairement moins impressionné que devant celle de Blue Origin : le Grasshopper décolle et atterrit, oui, mais ne s’élève que de quelques centaines de mètres.

Et en plus, il n’y a ni rock, ni champagne dans la vidéo.