Les orangs-outans communiquent par charades

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Un Orang-Outan.
Un Orang-Outan. — no credit

On n’apprend pas au singe à faire des grimaces. Un proverbe auquel il va falloir désormais ajouter: «Et des charades.» Des scientifiques de l’Université de Saint Andrews (Ecosse) ont découvert que les orangs-outans communiquent à l’aide de charades. C’est en observant, dans un zoo, six grands «singes des bois» («orang hutan» signifie «homme de bois» en malais) que les primatologues ont remarqué que les singes utilisent des séquences de gestes pour «parler». Des gestes qui se répètent suivant la nature du message que l’orang-outan veut faire passer. Un mode de communication que ces primates auraient élaboré il y a «quelques millions d’années».

Bananes ou poireaux?

Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques écossais ont procédé à une série d’expériences reposant sur le principe de la gourmandise. Un gardien, placé devant les six primates, leur présente des bananes ou des légumes comme des poireaux ou des céleris. Première étape et premiers signes: le singe essaie d’attirer l’attention du gardien pourvu des victuailles tant désirées. Une fois que l’orang-outan gagne l’attention du gardien, celui-ci lui propose un fruit puis un légume.

Gestes répétés

A chaque proposition, les scientifiques enregistrent l’attitude gestuelle du singe. Si ce dernier obtient du premier coup la nourriture désirée: il s’arrête... et mange. Et si le gardien lui donne volontairement la mauvaise nourriture, c’est-à-dire fait semblant de ne pas avoir compris le premier message, le «singe des bois» cesse automatiquement ses premiers gestes et les remplace par d’autres. Le troisième type d’expériences consiste à ne donner qu’une moitié de la gourmandise. Le singe, n’étant pas alors totalement satisfait, répète avec plus d’emphase les gestes qui lui ont permis d'obtenir la première moitié.

La charade, ancêtre du langage

Pour Richard Byrne, un des auteurs de l’étude, cette suite de messages «s’apparente à la structure de la charade»: Mon premier est, mon second est, et mon tout est. Les charades des orangs-outans montre que le singe est capable d’analyser le niveau de compréhension de son message par son vis-à-vis et donc de modifier, s’il le faut, ses gestes et leur ordonnancement pour faire passer le bon message. Pour les chercheurs de Saint Andrews, l’orang-outan étant un lointain cousin de l’homme moderne, la charade gestuelle pourrait être une technique ancêtre de notre langage.