L'exoplanète la plus proche de la Terre n'a en fait jamais existé

ASTRONOMIE Alpha Centauri Bb était une fausse-positive...

Philippe Berry

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L'exoplanète candidate Alpha Centauri Bb (vue d'artiste) n'existe finalement pas.
L'exoplanète candidate Alpha Centauri Bb (vue d'artiste) n'existe finalement pas. — L.CALCADA/ESO

SOS, planète manquante. Non, Alpha Centauri Bb n’a pas été vaporisée par l’Etoile de la mort. Elle n’a en fait jamais existé. On vous laisse une seconde, le temps d’encaisser ça : l’exoplanète censée être la plus proche de la Terre n’était qu’un artefact, une erreur statistique qui a trompé tout le monde. Et qui rappelle que la chasse aux planètes extrasolaires est loin d’être une science exacte.

Pour comprendre comme une telle erreur est possible, il faut rappeler qu’aucune de ces planètes n’est observée directement. Le plus souvent, les astronomes mesurent la diminution de la luminosité de leur étoile à chaque transit, comme le montre cette animation.

Près de 2.000 exoplanètes détectées

Ces variations sont minimes. Si un alien observait le Soleil, Jupiter ne provoquerait qu’une baisse de 1 %. Du coup, les chasseurs de planètes parlent souvent de « planète candidate », dont l’existence doit être confirmée. Pour Alpha Centauri Bb, censée être une jumelle de la Terre par la taille (mais dans une zone non-habitable), des chercheurs d’Oxford ont montré que la variation était en fait due à l’étoile elle-même.

Du coup, la question suivante est légitime : si on s’est trompé pour une planète voisine, quid des près de 2.000 autres découvertes ? Elles ne sont pas toutes à jeter. Une simulation conçue pour duper les instruments a montré que sur les grosses planètes, il y avait moins de 10 % de faux positifs. En revanche, pour les plus petites, le taux d’erreur grimpe. C’est pour cette raison qu’un instrument comme le futur télescope spatial James Webb est particulièrement attendu : il permettra d’observer directement certaines planètes. En espérant qu’il ne soit pas myope…