Peau artificielle: La sensation de toucher au bout des prothèses

HIGH-TECH Cette technologie pourrait aider les porteurs de prothèses à retrouver le sens du toucher et à diminuer la sensation de « membre fantôme »...

20 Minutes avec agences

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Un homme va toucher la main du robot SVH, le 19 novembre 2014 à Madrid
Un homme va toucher la main du robot SVH, le 19 novembre 2014 à Madrid — Gerard Julien AFP

Grâce à une toute nouvelle technologie encore aux premiers stades de son développement, des chercheurs ont créé une peau artificielle expérimentale capable de sentir des objets. Une avancée qui pourrait un jour permettre aux personnes portant une prothèse d’en améliorer le contrôle et de minimiser, voire éliminer, la sensation de « membre fantôme », qui affecte environ 80 % des amputés. Mais elle pourrait surtout aider les patients à retrouver un certain sens du toucher.

Les scientifiques expliquent avoir utilisé des circuits organiques souples et des capteurs de pression pour reproduire la sensibilité de la peau avant de réussir à transmettre ces signaux sensoriels à des cellules cérébrales de souris en laboratoire. Les chercheurs ont pour cela eu recours à l’optogénétique, un nouveau champ de recherche combinant l’optique et la génétique, et principalement basée sur une protéine qui possède la propriété d’être activée par la lumière bleue.

Les mécanismes de la peau, un terrain encore difficilement maîtrisable 

Les auteurs de l’étude Alex Chortos et Andre Berndt de l’Université Stanford en Californie, ont publié leurs travaux jeudi dans la revue américaine Science. Ils se félicitent notamment d’être parvenus à convertir la pression statique d’un objet sur la peau en signaux numériques comparables aux différents degrés de force mécanique que peut ressentir une peau humaine.

Ce succès scientifique est évidemment prometteur mais il est aussi à considérer avec prudence. En effet, toujours dans la revue Science, d’autres chercheurs américains du laboratoire de recherche électronique du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont tenu à rappeler que la reproduction des propriétés mécaniques et les fonctions de la peau « demeurent un défi difficile en ingénierie ».