Une portion de la constellation du Cygne vue par Hubble.
Une portion de la constellation du Cygne vue par Hubble. — NASA

SCIENCES

Une étoile entourée d'une structure extraterrestre... ou de simples comètes?

Le programme SETI, qui recherche des traces d'intelligence extraterrestre, va «écouter» cette région pour en savoir davantage...

Ce soir, localisez la constellation du Cygne dans le ciel, plein ouest (via une app gratuite pour Android ou iOS). L'étoile principale, Deneb, a une voisine qui se trouve tellement loin, à 1.500 années-lumière, qu’elle est invisible à l’oeil nu. En ce moment, c’est l’objet le plus intrigant de notre galaxie.

Quand Jupiter passe devant le Soleil lors d’un transit, la planète géante bloque, pour un observateur extérieur, environ 1 % de la lumière de notre astre. Pour l’étoile KIC 8462852, baptisée WTF 001, un groupe d’objets non identifiés obscurcit jusqu’à 22 % de sa luminosité. De manière aléatoire.

Un amas de comètes ou une mégastructure alien ?

On respire une seconde. Tabetha Boyajian, à la tête du groupe d’astronomes bénévoles Planet Hunters, ne parle à aucun moment d’aliens dans son papier. Mais la chercheuse de Yale élimine une à une les explications les plus probables. Il ne s’agit pas d’une erreur de mesure du téléscope Kepler (les instruments ont été recalibrés), ni d’une planète géante ou d’une petite étoile (les transits seraient réguliers) ni d’un amas de poussière provoqué par une collision cosmique (il n’y a pas d’infrarouges émis).

L’hypothèse privilégiée mise sur un amas de comètes dont la trajectoire serait perturbée par une étoile voisine. Mais elle n’est pas complètement satisfaisante, car il faudrait un groupe gigantesque pour bloquer jusqu’à 22 % de la luminosité.

(variation de la luminosité de l’étoile KIC 8462852)

L’hypothèse d’une sphère de Dyson

Perplexe, Boyajian a contacté l’astronome Jason Wright, de l’université Penn State. « La piste extraterrestre devrait toujours être la dernière hypothèse, mais les données ressemblent à une chose qu’une civilisation alien pourrait construire », confie-t-il à The Atlantic. Sur son blog, ce chercheur d’exoplanètes développe la thèse d’une sphère partielle, ou d’un essaim de Dyson.

Représentation d’une sphère de Dyson (STEVE BOWERS)

Imaginée par le mathématicien du même nom dans les années 60 et popularisée par la science-fiction, il s’agit d’une structure qui serait construite par une civilisation avancée autour d’une étoile pour en moissonner son énergie. S’il y a assez de panneaux solaires, et qu’ils sont espacés de manière irrégulière, cela pourrait faire baisser la luminosité aléatoirement.

Attention, comme souvent en astronomie, il existe une alternative probable : un phénomène encore jamais rencontré. Quand les pulsars ont été détectés, certains ont également avancé, à tort, la piste extraterrestre.

SETI pourrait « écouter » cette zone

Pour en avoir le cœur net, Wright a contacté SETI, le programme de recherche d’intelligence extraterrestre de la Nasa. Son directeur considère l’étoile comme une cible prometteuse, et si le comité qui décide de l’allocation des ressources valide la demande, les scientifiques braqueront les antennes de radiotélescopes géants pour « écouter » cette zone, peut-être en janvier.

L’idée est basique : si une civilisation est assez avancée pour construire une telle structure, elle émet forcément des ondes radios qui peuvent être détectées. Malheureusement, si nous apprenions que nous ne sommes pas seuls dans l’univers, la communication serait très lente avec nos voisins : il faudrait attendre 3.000 ans pour recevoir une réponse.