VIDEO. Une thèse expliquée en 180 secondes, c'est possible (et c'est drôle)

ETUDES La finale internationale du concours «Ma thèse en 180 secondes» se tient ce jeudi à Paris...

Nicolas Bégasse

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La gagnante de la finale internationale 2014 de Ma thèse en 180 secondes, Noémie Mermet.
La gagnante de la finale internationale 2014 de Ma thèse en 180 secondes, Noémie Mermet. — ACFAS/YouTube

Faire une thèse, c’est compliqué : des années de travail, des centaines d’heures de recherche. Mais il y a plus difficile : expliquer son sujet de thèse. C’est pour relever ce défi que seize doctorants vont s’affronter ce jeudi à Paris lors de la finale internationale du concours Ma thèse en 180 secondes.

Qui porte bien son nom : chaque candidat, thésards francophones issus de huit pays, ne dispose que de trois minutes et une diapositive pour présenter, en termes compréhensibles par le premier venu, son sujet. « Le gros de l’exercice, c’est la vulgarisation », souligne Johanne Ferry-Dély, porte-parole de la Conférence des présidents d’université (CPU), qui organise l’événement à la Sorbonne avec le CNRS. Il faut dire que quand on a pour sujet, comme le candidat belge Olivier Finet, « L’étude du rôle d’un long ARN non-codant dans la régulation de la différenciation sexuelle chez la levure de fission Schizosaccharomyces pombe », mieux vaut être pédagogue pour tout expliquer en 3 minutes.

« Il y a clairement une licence poétique »

C’est ce qu’a réussi à faire Alexandre Artaud, vainqueur de la finale française et qui présentera sa thèse ce jeudi soir à Paris. Comme d’autres candidats, il compte sur un allié essentiel : l’humour. « C’est indispensable, on n’est pas là pour être rébarbatif, confie-t-il à 20 Minutes. Les émotions, le rire, sont de très bons moyens de toucher le grand public. » Quitte à malmener la rigueur scientifique : « Il y a clairement une licence poétique, mais à bon escient je pense. L’objectif, c’est que les gens comprennent. »

Pour ça, les thésards peuvent compter sur leur fac. « Il y a dans toutes les universités une formation pour apprendre aux doctorants à présenter leur thèse, indique Johanne Ferry-Dély. C’est super pour chercher ensuite un financement, présenter son travail à un scientifique d’un autre domaine ou même pour parler de soi à ses proches. » Sur ce point, Alexandre Artaud confirme qu’« en parler à la famille, c’est peut-être ce qu’il y a de plus dur ». Mais pour le thésard grenoblois, la principale motivation repose sur l’idée qu’expliquer l’intérêt d’une thèse, c’est ce que doivent les scientifiques à ceux qui les financent – c’est-à-dire au public.

Vers 2016 et au-delà

Des raisons de participer, il y en a d’autres. « Le gagnant gagne beaucoup de visibilité : une entreprise qui vient le voir, un titre scientifique qui veut le publier, un média qui l’invite… » énumère Johanne Ferry-Dély. Sans oublier des prix allant de 550 à 1.500 euros. Et un exercice utile en soi : « Même si en vrai les conférences durent plutôt 15 minutes, sont en anglais et se font devant un public averti, on y utilise les mêmes outils, assure Alexandre Artaud. Ça ne va pas m’aider scientifiquement, mais c’est quelque chose de formateur. »

>> La finale internationale est à suivre en direct jeudi 1er octobre à 18h30 par ici

En tout cas, la formule plaît : le concours français a rassemblé deux fois plus de candidats que lors de la première édition en 2014, et le nombre de pays représentés à la finale internationale a également doublé. Née en Australie en 2008 et adaptée en français par le Québec en 2012, Ma thèse en 180 secondes n’est pas près de s’arrêter.