Australie: Les parents pourraient bientôt choisir le sexe de leur progéniture

GENETIQUE La « sélection du sexe pour motifs non médicaux » est déjà autorisée dans plusieurs Etats américains…

20 Minutes avec agence

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Echographie d'un bébé, illustration
Echographie d'un bébé, illustration — PULSE/SIPA

Choisir le sexe de son bébé. Un rêve qui pourrait bientôt devenir réalité pour les citoyens australiens, qui ont désormais jusqu’au 17 septembre pour se prononcer sur un texte présenté par le Conseil National sur la Santé et la Recherche Médicale (NHMRC) relatif au recours à une fécondation in vitro (FIV) doublée d’un diagnostic préimplantatoire (DPI) raconte Le Monde.

Rééquilibrer les familles 

Dans les faits, cette sélection se matérialise en une fécondation in vitro classique [qui récupère les ovocytes de la mère auxquels on injecte les spermatozoïdes du père/donneur]. Après quelques jours passés en laboratoire, les embryons sont ensuite triés par les médecins, qui détectent en prélevant une cellule de chacun d’eux les possibles anomalies.

Le quotidien précise que « la sélection du sexe pour motifs non médicaux » envisagée en Australie [réservée à certains cas en France (1) et autorisée dans la plupart des Etats américains] se contenterait simplement de déterminer si les embryons sont dotés de deux chromosomes X (pour une fille) ou bien un duo XY (pour un garçon). Une pratique qui selon ses défenseurs permettrait de rééquilibrer les familles qui ont connu plusieurs naissances d’enfants de même sexe, comme c’est déjà le cas en Israël.

Vers de possibles dérives

Pourtant, le choix du sexe de l’enfant soulève des problèmes éthiques mis en avant par le projet qui souligne que « la possibilité que la sélection du sexe pour des raisons non médicales renforce les stéréotypes de genre et crée une pression sur la personne née pour qu’elle se conforme aux attentes parentales concernant le genre ». Outre la question du genre, la sélection de l’embryon avec DPI pourrait à terme, conduire à des dérives plus larges, visant à ne retenir que l’embryon parfait, pourvu des meilleures caractéristiques physiques et intellectuelles.

(1) Le recours au tri des embryons n’est, en France, utilisable que lorsque les parents sont porteurs d’une maladie génétique affectant le sexe de l’enfant. L’usage du DPI est quant à lui strictement interdit depuis 2009 par le Comité Consultatif National d’Éthique (CCNE).