Médicaments: Un antidouleur à base d'opium créé grâce à de la levure boulangère

SANTE La technique de production permettrait d'obtenir des antidouleurs en quelques jours contre un an actuellement...

20 Minutes avec agences

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Un fermier afghan recueille des graines de pavot, le 29 avril 2013 dans la province de Nangarhar
Un fermier afghan recueille des graines de pavot, le 29 avril 2013 dans la province de Nangarhar — Noorullah Shirzada AFP

La manipulation génétique de la levure de boulanger a permis à des chercheurs de l’Université Stanford en Californie de synthétiser de l’hydrocodone, un composant de l’opium.

Dans les faits, les chercheurs, dont les travaux ont été publiés jeudi dernier dans la revue Science sont parvenus, à reprogrammer génétiquement de la levure, utilisée depuis des millénaires dans la fermentation du vin et de la bière, pour obtenir en trois à cinq jours, le dérivé d’un opiacé (1). Une prouesse, quand on sait qu’entre la récolte du pavot et la production d’analgésiques par des laboratoires pharmaceutiques, le processus industriel prend aujourd’hui un an précise les chercheurs.

La production d’une seule dose nécessite 16.600 litres de levure

Pour l’heure, les quantités produites sont encore minimes dans la mesure où il faut 16.600 litres de levure traitée par cette technique de bio-ingénierie pour produire une seule dose d’hydrocodone, précisent les chercheurs.

Pour autant cette méthode de fabrication n’est pas nouvelle. La production de l’anti-paludéen artémisinine à partir de levures génétiquement modifiées a été le premier grand succès de bio-ingénierie pour fabriquer un médicament qui jusqu’alors était seulement produit à partir de l’armoise. A tel point qu’un tiers de la production mondiale d’artémisinine de ces dix dernières années provient désormais de la bio-technologie.

Une aide pour les pays en voie de développement

Même si les chercheurs ont reconnu que ce nouveau processus de fabrication peut accroître le risque de produire illégalement ces antidouleurs opioïdes, il devrait surtout réduire les coûts de production et bénéficier aux pays les moins développés. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, 5,5 milliards de personnes dans le monde ont peu ou pas accès à ces antidouleurs.

(1) L’hydrocodone et les substances chimiques assimilées comme la morphine et l’oxycodone forment une famille d’analgésiques dérivés de l’opium, qui est tiré du latex de pavot.