On sait enfin comment le boa tue, et ce n'est pas en étouffant ses proies

ANIMAUX Des chercheurs américains ont observé avec attention la méthode de mise à mort du grand serpent constricteur...

N.Bg.

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Boa constricteur au zoo de Vincennes en 2014.
Boa constricteur au zoo de Vincennes en 2014. — HARSIN ISABELLE/SIPA

Il n’est jamais trop tard pour réparer une injustice. Et l’injustice dont souffrait depuis toujours le boa, ce gros serpent dépourvu de venin, c’est une idée reçue sur sa façon de tuer ses proies : non, il ne les étouffe pas comme on le pensait jusqu’ici. Il se contente de leur couper la circulation sanguine, ce qui est bien plus malin.

Dans une étude parue dans la dernière édition du Journal of experimental biology, une équipe de chercheurs de Pennsylvanie décrit le fonctionnement, jusqu’ici méconnu et mal interprété, de la mise à mort de ses victimes par le boa constricteur. Bardés de capteurs relevant leur pression sanguine ou encore leur activité cardiaque, des rats ont été anesthésiés et livrés à des boas retenus en captivité.

Même sans air, on peut se débattre

Résultat : après quelques secondes seulement passées dans les replis du reptile, les rats perdent conscience. Non pas à cause d’un manque d’air, mais à cause de leur circulation sanguine qui, bloquée par la prise experte du serpent, cesse d’alimenter les organes vitaux du rongeur. La mort ne met alors pas longtemps à survenir. Comme le note avec humour le site de National Geographic, les médecins appellent ce phénomène « l’ischémie », tandis que les serpents l’appellent « le repas est servi ».

Parce qu’un animal aux prises avec un serpent défendra chèrement sa peau à coups de dents, becs, griffes ou cornes, notent les chercheurs, couper la circulation sanguine est une méthode bien plus efficace qu’étouffer : même sans air, les proies du boa pourraient continuer à se débattre. Et quand on est un prédateur dépourvu de membres qui chasse en se collant littéralement à ses victimes, souligne encore l’équipe à l’origine de l’étude, on a tout intérêt à ce que ladite victime cesse rapidement de se débattre.