Astéroïde UW158: Quand la Terre veut exploiter l’espace

ESPACE Forage d’astéroïdes, colonisation interplanétaire, immobilier extraterrestre : « 20 Minutes » vous explique le « business » de la conquête spatiale…

Pierre Garrigues

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Comment se préparer au risque de collision d'un astéroïde avec la Terre ? Au-delà des techniques pour dévier sa trajectoire, qui prendrait la décision d'agir ? Car un astéroïde mal dévié pourrait frapper une autre région, comme l'a souligné vendredi un groupe international d'experts.
Comment se préparer au risque de collision d'un astéroïde avec la Terre ? Au-delà des techniques pour dévier sa trajectoire, qui prendrait la décision d'agir ? Car un astéroïde mal dévié pourrait frapper une autre région, comme l'a souligné vendredi un groupe international d'experts. — NASA / AFP / Archives

Lundi, le passage d’un astéroïde à proximité de la Terre a réveillé les ardeurs de la communauté astronome amatrice… Selon certaines sources, le caillou d’1 km de long aurait été rempli de platine, et sa valeur aurait sans doute atteint les cinq mille milliards d’euros… si cette information n’avait été aussitôt démentie par de nombreux experts. De toute façon, l’exploitation d’un tel objet extraterrestre soulève une question majeure : à qui appartient l’espace ? 20 Minutes vous aide à y voir plus clair.

A qui appartient l’espace ?

En théorie, la conquête spatiale est encadrée par plusieurs règles fondamentales, comme la liberté d’accès et d’utilisation, le principe de la conformité au droit international, et surtout celui de la non-appropriation. C’est-à-dire, par exemple, que personne ne peut revendiquer un objet spatial : celui-ci appartient à l’humanité toute entière. Par exemple, un traité international datant de 1967 interdit toute appropriation de la Lune par un pays.

Toutefois, en 1980, un second traité, qui prohibait explicitement la vente de terrain aux ONG, entreprises et particuliers, n’a en fait été ratifié que par 12 pays. Une brèche pour la légitimité de l’accord dans laquelle se sont empressés de se faufiler de nombreux entrepreneurs. Même si l’European Center for Space Law (ECSL), le Centre européen de droit spatial et l’Agence spatiale européenne (ESA) jugent ces tentatives d’exploitation de l’espace comme de véritables « escroqueries ».

La lune en vente à la découpe

C’est le cas, par exemple, de Dennis Hope, sexagénaire américain, qui a mis en place son propre site internet pour proposer à la vente des parcelles de terrain sur la Lune, sur Mars, sur Vénus ou encore sur Io. « J’ai envoyé une lettre aux Nations Unies une lettre où je revendiquais les droits de propriété pour la Lune […]. Ils ne m’ont jamais répondu », raconte Dennis Hope lors d’une interview, en 2013. Du coup, Dennis en profite : il aurait ainsi déjà vendu plus de 300 millions d’hectares sur la Lune, à environ 20$ l’hectare, à des particuliers, mais également à des entreprises et même à certaines personnalités comme Ronald Reagan ou George W. Bush. Des chiffres invérifiables toutefois.

Le soleil à vendre sur eBay

Une idée qui a sans doute inspiré Angeles Duran, une quinquagénaire espagnole qui avait, en 2010, enregistré à son nom… le soleil. Dont elle n’hésitait pas à vendre, sur eBay, des parcelles de terrain, avant que le site ne clôture son compte.

Des astéroïdes à exploiter

Mais les particuliers ne sont pas les seuls à profiter de ce vide juridique : Deep Space Industries ou encore Planetary Resources, voilà autant d’entreprises spécialisées dans la découverte et l’exploitation d’astéroïdes potentiellement riches en minéraux ou en métaux rares. La preuve que le capitalisme s’étend même hors de notre atmosphère.