«Jurassic World»: Pourra-t-on un jour cloner des dinosaures?

SCIENCES Pour la sortie du quatrième volet de la saga « Jurassic Park », « 20 Minutes » s’est posé la question…

T.L.G.

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Jurassic Park, 1993.
Jurassic Park, 1993. — Moviestore Collection/R/REX/SIPA

Visiter un parc d’attractions peuplé de dinosaures. Depuis la sortie de Jurassic Park en 1993, beaucoup espèrent voir la réalité rattraper la fiction. Dans le film de Steven Spielberg, le PDG de la compagnie Ingen parvenait à donner vie à un T-Rex et autres diplodocus grâce au clonage. A l’occasion de la sortie du quatrième volet, Jurassic World, 20 Minutes fait le point sur les avancées scientifiques dans ce domaine.

La « dé-exctintion » d’une grenouille disparue

Les dinosaures ont disparu il y a 65 millions d’années. Pour les ressusciter, l’espoir s’est longtemps porté sur les échantillons d’ADN. Tigres de Tasmanie, mammouths, dodos… Depuis plusieurs décennies, des scientifiques tentent de ramener à la vie des espèces éteintes en utilisant ces molécules.

En mars 2013, des scientifiques du projet australien « Lazare » annonçaient avoir récupéré « des noyaux morts » dans les cellules congelées d’une grenouille, la Rheobatrachus silus, éteinte depuis 1983. En les injectant dans l’ovule d’une grenouille cousine éloignée toujours vivante, certaines cellules d’œufs ont commencé à se multiplier pour former des débuts d’embryons. Ces derniers n’auront finalement survécu que quelques jours, mais l’expérience avait suscité beaucoup d’espoir quant à la « dé-exctinction » de l’espèce.

L’ADN ne se conserve pas éternellement

Pourrait-on imaginer un clonage de T-Rex grâce à cette technique ? « C’est impossible scientifiquement. On ne pourra jamais cloner de dinosaures car on ne retrouvera jamais de traces d’ADN de ces espèces », tranche Jean Le Loeuff, paléontologue et directeur du Musée des dinosaures à Espéraza (Aude).

La découverte de ce qui semble être des globules rouges et des fibres de collagène dans des os de dinosaures, pourtant très détériorés, pourrait apporter des renseignements sur les animaux préhistoriques. Mais l’ADN a, lui, une durée de vie plus courte. « Les molécules d’ADN ne se conservent que pendant plusieurs centaines de milliers d’années, voire quelques millions », ajoute Jean Le Loeuff.

En octobre 2012, des chercheurs avaient analysé 158 échantillons d’ADN extraits de moelle osseuse de tibias de moas, des oiseaux disparus ressemblant à des autruches géantes. L’étude avait révélé que l’information génétique devenait illisible à partir de 1,5 million d’années et se détruisait après 6,8 millions.

Après le « mammouth congelé », le dinosaure ?

Ne pourrait-on pas alors trouver un dinosaure congelé, à l’image du mammouth laineux découvert dans les glaces de Sibérie en 2013 ? Là encore, le paléontologue dissipe tout espoir. « Les plus anciennes calottes glaciaires sont en Antarctique. Elles remontent au maximum à environ 40 millions d’années. Or les derniers dinosaures avaient déjà disparu à cette époque ».

« Mais un jour ou l’autre, un bébé mammouth verra peut-être le jour. L’espèce a disparu récemment, il y a moins de 10.000 ans, son matériel génétique est donc encore conservé dans la glace ». Restent les problèmes éthiques qu’un tel clonage provoquerait. « Je ne pense pas du tout que ce serait une bonne chose », indiquait ainsi le Pr Hendrik Poinar de l’université canadienne McMaster, coauteur d’une étude sur le sujet.