Océans: Les phoques aident les scientifiques à sonder les fonds marins

ANIMAUX Depuis le début du projet, 400.000 profils environnementaux ont été dressés grâce aux animaux…

20 Minutes avec agences

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Des phoques rassemblés le 12 août 2012 sur une plage du Massachussetts
Des phoques rassemblés le 12 août 2012 sur une plage du Massachussetts — Mario Tama GETTY IMAGES

Depuis 2004, plus de 1.000 phoques ont aidé les scientifiques à étudier les océans. Equipés de capteurs, les animaux ont permis aux chercheurs de récolter des données sur coins les plus reculés des océans de la planète, faisant ainsi avancer la recherche sur le réchauffement climatique ou les prévisions météorologiques.

Pour partager leur découverte, les scientifiques internationaux (1) à l’origine du projet ont, ce lundi, mis en ligne un portail baptisé « Marine Mammals Exploring the Oceans Pole-to-pole » (« Les mammifères marins explorent les océans d’un pôle à l’autre » en français), qui recense qui regroupe les données collectées par les animaux.

Etudier les océans, mesurer les mouvements des glaciers

« Ils nous fournissent des données sur des endroits sur lesquels nous avions zéro information jusqu’ici. C’est unique », a déclaré Mike Fedak, responsable du service de recherche sur les animaux marins à l’université de St Andrews, en Ecosse, qui a développé les capteurs.

Installés sur le front des phoques, sans opération chirurgicale, les capteurs tombent d’eux-mêmes à la mue des mammifères. Ceux-ci, qui peuvent grâce à une batterie, fonctionner pendant des mois, ont permis permettent de collecter des données sur la salinité et la température des océans qui sont transmises ensuite aux scientifiques par satellite. D’après Mike Fedak, les données ont également permis de « mesurer les mouvements des glaciers ».

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« C’est comme si les phoques tweetaient »

Depuis le démarrage du projet, plus de 400.000 profils environnementaux ont été dressés, chacun d’entre eux basé sur la plongée d’un phoque et dont certains peuvent aller jusqu’à 2.100 mètres de profondeur.

Dans un communiqué, Lars Boehme, un enseignant à l’université de St Andrews, précise : « Les informations qui nous sont envoyées nous donnent des détails sur l’environnement immédiat du phoque. C’est comme s’ils tweetaient »

Actuellement en cours de développement, d’autres capteurs pourront, à terme, mesurer le niveau d’oxygène dans l’eau ainsi que sa teneur en chlorophylle, ce qui permettra de déduire les niveaux de dioxyde de carbone et d’étudier le phénomène d’acidification des océans.

(1) Près de onze pays parmi lesquels l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Australie, la Chine, les Etats-Unis ou la France ont participé au projet