VIDEO. L'avion Solar Impulse a entamé la traversée du Pacifique pour un défi historique

SCIENCES Un défi technologique et un exploit aéronautique historiques pour l'avion propulsé par l'énergie solaire, qui n'est jamais resté plus de vingt-quatre heures en l'air...

M.C. avec AFP

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L'avion Solar Impulse 2 a décollé de la ville chinoise de Nankin en direction d'Hawaï, le 31 mai 2015.
L'avion Solar Impulse 2 a décollé de la ville chinoise de Nankin en direction d'Hawaï, le 31 mai 2015. — AP/SIPA

L'avion révolutionnaire Solar Impulse 2 a décollé de Chine dans la nuit de samedi à dimanche et mis le cap sur Hawaï, pour la plus périlleuse des étapes de son tour du monde, durant laquelle le pilote suisse André Borschberg devra tenir six jours et six nuits de suite seul aux commandes.

Solar Impulse à «l'heure de vérité» de la traversée de l'océan Pacifique

Propulsé par la seule énergie solaire, l’appareil a pris son envol à 02h40 (19h40 samedi, heure française), depuis la ville orientale chinoise de Nankin, où il était cloué depuis le 21 avril. Eclairé par des projecteurs à l'avant de ses ailes, l'immense avion s'est élancé sur la piste avant de disparaitre dans un ciel brumeux, le bruit de ses quatre hélices à peine audible. L'équipe au sol a applaudi son décollage.

«Ma femme était à mon côté pour ce décollage important. Elle est avec moi dans le cockpit», a tweeté l'aviateur.

Ce vol de 8.500 km jusqu'à Hawaï devrait durer environ 130 heures, selon les organisateurs. «Nous disposons d'une bonne fenêtre météo» pour cette traversée, a assuré André Borschberg avant de monter dans le cockpit. Ce départ avait été reporté à plusieurs reprises en raison d'une météo défavorable, notamment mardi dernier pour cause de couverture nuageuse au-dessus de Nankin et de la mer du Japon.

Un défi technologique et un exploit aéronautique historiques

Jamais Solar Impulse 2 n'a volé au-dessus d'un océan ni n'est resté en l'air plus de 24 heures: c'est dire si cette traversée du Pacifique constitue un défi technologique et un exploit aéronautique historiques.

Âgé de 62 ans, André Borschberg va devoir tenir sur une distance de 8.500 kilomètres. Une performance qu'il ne pourra entrecouper que de brefs sommeils d'une vingtaine de minutes. Son siège, qu'il ne pourra quitter, est équipé d'un système de WC.

VIDEO. Comment les pilotes de Solar Impulse vont vivre dans moins de 4m3?

Chaque jour, le pilote affrontera des altitudes himalayennes autour de 28.000 pieds (8.400 mètres) et des variations de température de 55 degrés dans la cabine monoplace non pressurisée de Solar Impulse 2. «Comment vais-je vivre dans cet environnement minuscule en grimpant l'Everest tous les jours, en passant de l'hiver à l'été chaque jour du fait des changements de température, en me reposant seulement 20 minutes à chaque fois?», s'est-il demandé dans un récent entretien accordé à l'AFP.

«Dans le pire des cas, nous avons un parachute et un radeau de survie»

Pour ce périple, pas de café prévu: «Cela aide quelques heures, mais ensuite c'est négatif», a-t-il souligné. En cas de panne grave en vol, le Suisse devra sauter en parachute dans l'océan, à des centaines de kilomètres de tout secours. Aucun navire ne peut en effet suivre à la trace l'appareil, qui volera à une vitesse maximum de 90 km/h à basse altitude et de 140 km/h dans les couches supérieures.

Mais l'hypothèse de sa propre disparition laisse de marbre cet ingénieur de formation: «Je ne vois pas cela comme risqué, parce que nous avons travaillé longtemps sur les différents problèmes», a-t-il confié. «Si nous perdons un moteur, on peut voler avec les trois autres, par exemple». «Dans le pire des cas, nous avons un parachute, un radeau de survie et on sait s'en servir. Évidemment, on espère qu'on n'aura pas à le faire», a ajouté le pilote.