Solar Impulse attend une météo favorable pour traverser le Pacifique

SCIENCES L’avion solaire est prêt à rejoindre Hawaï et l'équipe a les yeux rivés vers le ciel, dans l'attente d'une météo optimale...

Laure Cometti

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L'avion solaire Solar Impulse 2 lors d'un vol test effectué fin février à Abu Dhabi, avant le départ pour le tour du monde le 9 mars 2015.
L'avion solaire Solar Impulse 2 lors d'un vol test effectué fin février à Abu Dhabi, avant le départ pour le tour du monde le 9 mars 2015. — Olga Stefatou/SOLAR IMPUL/SIPA

Solar Impulse 2 va encore rester cloué au sol quelques jours, jusqu’à dimanche au moins. L’avion solaire de Bertrand Piccard en est à la septième étape de son tour du monde qui doit relier Nanjing, en Chine, à l’île d’Hawaï, au beau milieu de l’Océan Pacifique. Le décollage a déjà été reporté plusieurs fois pour des raisons météorologiques.

« L’attente est frustrante, d’autant plus qu’on est séparés avec André », a reconnu ce jeudi Bertrand Piccard, joint à Monaco, où l'équipe de Solar Impulse travaille jour et nuit au centre de contrôle, les yeux rivés sur les indicateurs météo, à l’affût d’une embellie dans les trois jours suivants. André Borschberg prend son mal en patience à Nanjing, où l’avion solaire est arrivé le 21 avril, piloté par son acolyte. « Tout le monde est sur le pied de guerre », affirme Bertrand Piccard.

 

Cinq jours et cinq nuits au-dessus de l’océan

L’avion est prêt à décoller pour une traversée de cinq jours et cinq nuits minimum. « Nous ne savons pas encore de quoi est capable l’avion sur un vol si long », souligne Bertrand Piccard. L’équipe opte donc pour la prudence, préférant attendre une fenêtre météo optimale.

L’avion solaire d’une envergure de 72 mètres vole à environ 8.400 mètres d’altitude le jour, emmagasinant l’énergie du soleil avec ses 17.000 cellules solaires. La nuit, l’appareil descend à basse altitude pour économiser de l’énergie.

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Ensoleillement, vent, nuages, turbulences… Les météorologues et les ingénieurs de Solar Impulse analysent de nombreuses données pour établir un itinéraire. « C’est un jeu d’échec passionnant, en trois dimensions », affirme Bertrand Piccard.

La météo idéale pour l’avion solaire ? « Un ciel dégagé et si possible des jet-streams, ces vents d’altitude qui "poussent" l’avion. En revanche, les alizés présents en basse altitude freinent l’appareil », précise ce jeudi André Borschberg.

 

Le pilote suisse de 62 ans sera seul dans le cockpit au cours de ce long vol en montagnes russes. Il profite de cette escale forcée pour affiner sa préparation mentale grâce au yoga et à la méditation, tandis que Bertrand Piccard est adepte de l’autohypnose. En vol, le pilote se repose par tranche de vingt minutes.

 

Les deux hommes reconnaissent être impatients de poursuivre l’aventure, même s’il ne s’agit pas d’une « course contre la montre ». L’attente a un autre avantage : « plus le temps passe, et plus les nuits raccourcissent, ce qui améliore le bilan énergétique du vol », explique Bertrand Piccard. Jusqu’au 21 juin du moins, date du solstice d’été.

Idéalement, Solar Impulse devrait terminer la traversée du Pacifique d’ici la fin du mois de juillet pour respecter son calendrier initial, mais l’équipe n’exclut pas l’idée de réaliser le tour du monde en deux ans si jamais les conditions météorologiques retardaient davantage l’expédition.

 

Caractéristiques techniques de l’avion solaire expérimental Solar Impulse 2 et tracé des 12 étapes de son Tour du monde - P. Pizarro/P. Defosseux AFP