Japon: Une étude tente de légitimer la chasse à la baleine dans l'archipel

ANIMAUX Selon une récente étude, la viande de baleine réduirait la démence et les troubles de mémoire...

20 Minutes avec agences

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Illustration d'une baleine au large d'Hawaï.
Illustration d'une baleine au large d'Hawaï. — REED SAXON/AP/SIPA

Plus que jamais controversée, la chasse « scientifique » à la baleine a récemment reçu un coup de pouce inattendu quand des chercheurs japonais ont assuré que la consommation de viande de cétacé était susceptible de prévenir la démence et les troubles de mémoire.

Fondés sur des expériences menées sur des souris, ces travaux tombent à point nommé pour le Japon, alors que le pays se retrouve une nouvelle fois sur la sellette devant la Commission baleinière internationale (CBI), réunie depuis mardi à San Diego (Californie). Les négociateurs japonais s’y efforcent de convaincre la CBI de la crédibilité scientifique de la chasse qu’ils défendent.

L’Archipel a déjà été épinglé par la Cour internationale de Justice 

Malgré le tollé international, le Japon veut en effet continuer de capturer des cétacés « au nom de la science », même si une grande partie de la chair (un mets traditionnel) finit sur les étals des marchés.

Les pêcheurs japonais ont déjà dû renoncer, pour la saison 2014-2015, à prendre la mer en Antarctique, en raison d’une décision de la Cour internationale de Justice (CIJ), saisie par l’Australie : d’après la juridiction, le Japon avait une interprétation abusive de l’exemption scientifique (prévue par un moratoire sur la chasse à la baleine) et poursuivait en réalité des objectifs commerciaux, alors que la chasse à la baleine commerciale est interdite depuis 1982.

L’argument scientifique avancé

Le Japon, un des rares pays au monde à autoriser cette pratique (avec la Norvège et l’Islande), argue que la population mondiale des baleines, particulièrement des petits rorquals (ou baleines de Minke), est assez nombreuse pour s’accommoder d’un quota de prises annuelles de 333 têtes en Antarctique, Tokyo affirmant en outre que son programme pourrait permettre une meilleure compréhension des écosystèmes marins.

« L’objectif de la recherche japonaise est la science. La science garantit que la chasse commerciale sera viable lorsqu’elle reprendra », insiste l’Institut de recherche sur les cétacés (ICR), un organisme public du pays.

Les écologistes dénoncent la pratique

Mais pour les organisations écologistes, il n’est plus nécessaire de mettre à mort des cétacés pour calculer leur espérance de vie et observer leur régime alimentaire.

« L’ICR n’a plus vraiment d’arguments pour s’autojustifier. S’il est incapable de recueillir des données suffisantes en tuant des milliers de baleines, on peut bien parler d’un échec de la science », avance ainsi Junichi Sato, un militant de Greenpeace au Japon. La recherche japonaise « n’est pas vraiment de la science » et ses partisans « travaillent davantage à réaliser un vœu politique [reprendre la chasse commerciale] qu’au nom d’un jugement objectif », conclut l’activiste.