Un cerveau de souris réparé grâce à une greffe de neurones

Recherche C’est la première fois que des scientifiques réparent un tissu cérébral endommagé grâce à une transplantation de neurones...

L.C.

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Illustration d'une souris de laboratoire.
Illustration d'une souris de laboratoire. — ROBERT F. BUKATY/AP/SIPA

C’est une première mondiale et une nouvelle prouesse en matière de thérapie cellulaire: une équipe scientifique franco-belge a réussi à réparer le cerveau d’une souris en lui faisant une greffe de neurones.

Le cortex, aussi appelé substance grise, est très fragile: il n’est pas capable de s’auto-régénérer. En cas de lésions cérébrales (qui peuvent être causées par un AVC, un choc ou une maladie), il n’est pas capable de reconstruire des cellules et connexions disparues. Les lésions au cerveau entraînent par conséquent des déficits fonctionnels importants. Peut-être plus pour longtemps, grâce aux travaux d’Afsaneh Gaillard, de l'université de Poitiers, en collaboration avec l’Institut de recherche interdisciplinaire en biologie humaine et moléculaire de Bruxelles.

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Dans 61 % des cas, la greffe de neurones a bien fonctionné

L’expérience a été réalisée sur des souris adultes dont le cortex était endommagé au niveau de la zone responsable de la vue. Les scientifiques lui ont greffé des cellules de neurones visuels obtenues en cultivant in vitro des cellules-souches embryonnaires. Au bout d’un mois et demi, les neurones greffés ont commencé à créer des connexions. Après un an, la greffe a été efficace sur 61 % des animaux, dont le cortex visuel s’est remis à fonctionner normalement. Les résultats de cette expérience ont été publiés dans la revue scientifique Neuron.

Rien ne garantit que cette expérience fonctionnera sur l’homme

La science sera-t-elle bientôt capable de réparer les cerveaux touchés par un AVC ou la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson? C’est une recherche expérimentale et il y a encore beaucoup de recherches à effectuer avant une application éventuelle chez l’homme, tempère Afsaneh Gaillard. D’une part, les specimens pour lesquels la greffe a échoué ont développé des tumeurs. D’autre part, pour régénérer des zones responsables de la vision, par exemple, il faut greffer des neurones responsables de la vision. Le cortex, organisé en aires cérébrales distinctes, comporte une centaine de types de neurones différents. 

L’équipe prévoit de tester ces greffes chez des singes, dont la structure cérébrale est plus proche de l'homme.