Des sources d'eau chaude actives découvertes sur une lune de Saturne

ESPACE Actuellement en contact avec le sol rocheux de la petite lune, cette eau pourrait bien abriter la vie...

N.Bg.

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La lune Encelade, sa couche de glace et son océan potentiellement chaud.
La lune Encelade, sa couche de glace et son océan potentiellement chaud. — NASA/JPL

On soupçonnait déjà que de l’eau liquide se trouvait sous l’épaisse couche de glace de la petite lune Encelade, qui orbite autour de Saturne. Aujourd’hui, la science va plus loin, en affirmant que sous cette couche glacée pourrait bien se trouver la première trace de vie extraterrestre. Et pas un fossile: de la vie bien vivante.

Ce sont les analyses des données recueillies par la sonde Cassini, qui orbite dans ce coin du Système solaire, qui ont nourri deux études permettant d’espérer découvrir un jour du vivant ailleurs que sur Terre. La première, publiée ce jeudi dans la revue Nature, s’est intéressée aux minuscules grains minéraux expulsés par les geysers de la petite lune.

(c) Nasa/JPL - Les geysers en activité au pôle sud d'Encelade

L'activité géothermique présente uniquement sur Terre... jusqu'ici

Ces grains de silices, avancent les chercheurs, ne peuvent provenir que de cheminées hydrothermales situées au fond d’un océan d’eau liquide, qui éjectent de l’eau chaude chargée en minéraux, d’une température d’au moins 90°C. Les mêmes sources chaudes existent au fond de nos océans, et sont un lieu d’échanges privilégié entre l’eau et la roche, créant un environnement où les bactéries, entre autres, peuvent proliférer. Par ailleurs, les grains de silice sont «jeunes», preuve que l’activité géothermique d’Encelade se déroule en ce moment, et sans doute depuis des millions d’années.

La deuxième étude, publiée plus tôt, s’est penchée sur les nuages de vapeur et de glace qui s’échappent du pôle sud de la petite lune, et qui contiennent du méthane. Elle affirme que l’activité géothermique est l’une des deux explications à la présence de méthane dans ces nuages –une possibilité confortée par la publication de ce jeudi.

Jusqu’ici, aucune activité géothermique n’avait été identifiée ailleurs que sur Terre, et la présence d’eau chaude interagissant avec un fond rocheux est un sérieux indice de la présence d’organismes vivants. Mais on n’en est encore qu’au stade des soupçons: alors que Cassini terminera sa mission en 2017, des projets d’envoi d’un nouveau véhicule spatial vers Saturne et ses lunes sont à l’étude en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. Car s’il est bien beau de calculer que la vie extraterrestre peut exister, il faudra bien un jour aller le vérifier.