Voici à quoi ressemblerait la vie sur Titan

EXTRATERRESTRES La lune géante de Saturne, bourrée de méthane, est inhabitable - à part si l'on imagine une vie qui n'a pas besoin d'eau pour exister...

N.Bg.

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Modèle de vie basée sur le méthane et non sur l'eau, théorisé par l'université Cornell le 27 février 2015.
Modèle de vie basée sur le méthane et non sur l'eau, théorisé par l'université Cornell le 27 février 2015. — Université Cornell / James Stevenson

Les exobiologistes, ces spécialistes de la vie extraterrestre, sont fascinés par les planètes situées dans la fameuse «zone habitable», là où il ne fait ni trop chaud, ni trop froid, et où l’eau peut exister à l’état liquide. Pourquoi l’eau? Parce que dans l’état actuel de nos connaissances, on n’imagine pas la vie exister en l’absence d’eau liquide.

C’est ce postulat que vient bousculer une équipe de chercheurs de l’université Cornell (New York), qui vient de publier dans Science Advances les résultats de ses travaux. Ceux-ci partent d’une question simple: et si la vie pouvait exister sans eau liquide? Avec comme horizon la lune géante de Saturne baptisée Titan, les chercheurs se sont demandé si les cellules de la vie pouvaient exister dans son environnement, où la vie telle qu’on la connaît sur Terre ne pourrait exister.

(c)AP/SIPA/NASA - Titan et les anneaux de Saturne (photo réelle de la sonde Cassini).

Titan, cet enfer glacé

Il faut dire que Titan n’est pas accueillante, avec sa température de -179°C et ses lacs et océans de méthane liquide. C’est ce dernier qui a inspiré les chercheurs, qui ont théorisé une cellule vivante basée non pas sur l’eau, comme sur Terre, mais sur le méthane. Et selon eux, ça fonctionne: aussi stable et flexible que celle qui est à la base de la vie terrestre, la membrane cellulaire imaginée par les chercheurs serait composée d’azote et ne souffrirait pas du climat très froid de Titan.

Pour l’instant, on en est toujours à la théorie et ce n’est que dans un milieu à base de méthane comme Titan que de véritables tests pourraient être menés. Mais ces travaux, qui selon la formule d’un des membres de l’équipe de Cornell montrent «le premier modèle de vie tel qu’on ne la connaît pas», font déjà rêver: la vie pourrait bien se trouver dans des endroits de l’univers qu’on ne soupçonnait pas.