VIDEO. Comment les pilotes de Solar Impulse vont vivre dans moins de 4m3?

SCIENCES Bertrand Piccard et André Borschberg se lancent dans un tour du monde dans un avion solaire…

De notre envoyé spécial à Monaco, Romain Baheux

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Bertrand Piccard dans le cockpit de Solar Impulse le 13 novembre 2014.
Bertrand Piccard dans le cockpit de Solar Impulse le 13 novembre 2014. — FABRICE COFFRINI / AFP
Il y a la promotion des énergies renouvelables, mis en avant par les créateurs du projet. Il y a l’argument «exploit technologique», séduisant pour le grand public. Mais d’un point de vue plus terre-à-terre, le projet Solar Impulse possède aussi une dimension pratique cruciale pour Bertrand Piccard et André Borschberg, les deux pilotes de l’avion à énergie solaire engagé dans un tour du monde par étapes dont le départ est donné dans la nuit de vendredi à samedi. Présents à tour de rôle dans l’appareil, les Suisses devront vivre dans un cockpit de 3,8 m3, un espace particulièrement restreint quand il faudra passer cinq jours et cinq nuits au-dessus du Pacifique et de l'Atlantique.

 

«Le premier prototype s’apparentait à une mauvaise classe économique d’un avion de ligne, compare André Borschberg. Solar Impulse 2, c’est une bonne classe affaires.» Rétractable, le siège permet au pilote de pratiquer quelques exercices physiques pour se dégourdir les jambes et même de s’allonger pour dormir. A bord, les grasses matinées ne sont de toute façon pas au programme. «Ils vont se reposer sur des cycles de vingt minutes à raison de dix fois par jour, explique Raymond Clerc, directeur de vol. S’il y a un problème, dans l’inclinaison des ailes de l’avion par exemple, ils sont réveillés par des vibrations et par un signal sonore. Même dans une situation de sommeil profond, ils ont un temps de réaction de cinq à six secondes.»

Crème anti-barbe et toilettes sous le siège

Ah oui, on a oublié de vous préciser mais il faudra s'endormir dans des températures oscillant entre -40 et +40 C°. Si la combinaison protègera le bonhomme, il a fallu préparer des rations de nourriture capables de supporter ces variations. A bord, tout a été étudié pour faciliter la vie des pilotes. Détail qui tue: pour éviter que les poils de barbe ne les gênent sous le masque à oxygène, ils se badigeonneront les joues d’une crème conçue pour éviter leur croissance. Quant au petit coin, ça se passe sous le siège, rétractable le temps de faire leurs besoins expédiés ensuite dans un sac.

 

 

Au fil des entraînements, les deux hommes se sont préparés à la gestion de leur maison volante. «Dans le cockpit, vous créez une relation émotionnelle avec ce qui vous entoure, vous développez vos petites habitudes, explique André Borschberg. On va vivre ça de manière initiatique.» Là-haut, le Suisse a prévu de s’astreindre à des sessions de yoga là où Bertrand Piccard pratiquera de manière régulière l’autohypnose. Même à près de 9.000 mètres d’altitude, il faut savoir s’aérer l’esprit.