La fin statistique de l’épidémie de SRAS

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Officiellement, l’épidémie de pneumonie atypique est terminée : la semaine dernière, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) levait les dernières restrictions de voyage à destination de la Chine. Mais, avec près de 8 500 cas et 800 décès signalés à l’OMS, cette épidémie aura montré la vulnérabilité des populations face à un nouvel agent infectieux. L’isolement systématique des malades aura bien fonctionné, même si des failles dans la mise en quarantaine, comme au Canada, ont pu faire ressurgir localement l’épidémie. « Les épidémies sont des phénomènes de seuil, explique Frédéric Van Wijland, chercheur au CNRS, au laboratoire de physique théorique d’Orsay et spécialiste de physique statistique. C’est comme les avalanches dans les tas de sable : quand le tas est suffisamment grand, il suffit d’un grain supplémentaire pour déclencher une grande avalanche. Il suffit donc qu’il y ait beaucoup de malades au même endroit pour que ça explose. » En coupant le monde en petites parties qui n’étaient pas en contact, les autorités ont limité les dégâts. Ils ont fait plusieurs petits tas de sable au lieu d’un unique... Mais, si cette stratégie a fonctionné, de nombreuses questions n’ont pas encore été résolues. Les modes de contamination, en particulier, demeurent largement incompris. S’il est établi que les postillons sont un puissant vecteur de transmission du SRAS, ils ne peuvent expliquer tous les cas. Il est également possible que l’épidémie soit saisonnière. Elle pourrait donc réapparaître l’année prochaine à la même époque. Mais, d’ici-là, les laboratoires qui tentent de mettre au point un vaccin y seront peut-être parvenus. L’Institut Pasteur, financé à hauteur de 28,7 % par les dons et legs, vient justement de lancer un appel aux donateurs pour accélérer la recherche dans la lutte contre le SRAS en particulier et les maladies infectieuses en général.