Explosion géante en Russie: «Très improbable que ce soit un météore» selon un astrophysicien

ASTEROIDE La couleur orangée et l'absence de mouvement de l'explosion ne rappellent pas les cas classiques de passages d'astéroïdes...

Romain Scotto
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Capture d'écran de la vidéo d'une lueur orange dans le ciel russe, près de Rezh, le 14 novembre 2014.
Capture d'écran de la vidéo d'une lueur orange dans le ciel russe, près de Rezh, le 14 novembre 2014. — E1.RU

Astéroïde, météore inconnu, explosion industrielle, voire illumination divine. La nature du flash lumineux qui a irradié la Russie, vendredi dernier près de la ville de Rezh, n'a pas encore été dévoilée par les autorités locales.

 

«Quelque chose qui vient du sol»

Pour l'astrophysicien Patrick Michel, il est pourtant peu probable que cette explosion vienne de l'espace. Pour ce spécialiste des objets célestes, directeur de recherche au CNRS et responsable du groupe de planétologie du laboratoire Lagrange de l'observatoire de la Côte d'Azur (O.C.A.), tout porte à croire qu'il s'agit «de quelque chose qui vient du sol. D’après la vidéo, le nuage semble stationnaire, il ne bouge pas. Ce n’est pas une boule qui se déplace dans le ciel. Il y a peut-être l’explosion d’une industrie chimique. Ça pourrait correspondre à ça.»

D'ordinaire, le flash lumineux bouge, s'atténue, puis une explosion retentit. Habitué aux passages de bolides dans l'atmosphère, le scientifique tique également sur la lueur orangée de l'explosion, très inhabituelle. Les météores classiques sont plutôt de couleur blanche, jaunâtre, en fonction de leur teneur en fer ou en sodium.

Pasde signalement dans le registre international

Après la publication de la vidéo, plusieurs médias locaux ont immédiatement comparé cette explosion à celle de Tcheliabinsk, observée dans le ciel du sud de l’Oural, le matin du 15 février 2013. Pour Patrick Michel, la probabilité d'un cas similaire est extrêmement faible. «Ce serait étonnant car ça ne se produit environ qu'une fois par siècle. Donc deux fois en l’espace de deux ans, ça peut arriver, mais ce serait improbable.»

Le site du Moscow Times évoquait de son côté le pic des Léonides, ces météores qui zèbrent le ciel chaque année en novembre. Mais les flashs lumineux observés sont beaucoup moins intenses que celui de la vidéo. Par ailleurs, aucune information n'a été publiée dans «l'International astéroïd warning network», une sorte de météo des météores à laquelle sont abonnés les astrophysiciens.