VIDEO. Rosetta: Handicapé des harpons, l'atterrisseur Philae passe un bilan de santé à distance

ESPACE Le succès de l’atterrissage, mercredi, sur la comète «Choury» a été un peu terni par un problème lié aux harpons du robot Philae…

Vincent Vantighem

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Philae en approche de la comète «Choury»
Philae en approche de la comète «Choury» — sipa

Ça va être compliqué d’envoyer une dépanneuse à 511 millions de kilomètres de la Terre. Les responsables scientifiques de Philae ont entamé, ce jeudi matin, un bilan de santé à distance du petit robot qui s’est posé, mercredi, sur la comète Churyumov-Gerasimenko afin de savoir si tous ses instruments fonctionnent.

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Auréolés du succès de l’atterrissage, les experts qui travaillent depuis 20 ans sur cette mission espèrent y voir plus clair alors que plusieurs informations inquiétantes sont parvenues à la Terre, mercredi soir. La plus crispante pour eux concerne le déclenchement des harpons qui ne se serait pas effectué correctement et pourrait perturber les expériences scientifiques à venir. 20 Minutes fait le point sur la situation.

Où Philae a-t-il vraiment atterri?

«Peut-être, aujourd’hui, nous avons atterri deux fois!» Responsable du robot Philae, Stephan Ulamec préfère en rire. Les harpons ne s’étant pas déclenchés correctement, Philae a peut-être rebondi sur la surface de la comète avant de se stabiliser. Les signaux radio parvenus jusqu’à la Terre indiquent qu’il a soit rebondi, soit atterri au milieu d’une sorte de «bac à sable» meuble. «La première des bonnes nouvelles, c’est tout de même que Philae a bien atterri sur le noyau de la comète», s’est réjoui Jean-Yves Le Gall, le président du Centre national d’études spatiales (Cnes) sur Europe 1.


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Que sait-on des harpons?

C’est la mauvaise nouvelle. «Apparemment, les harpons de Philae n’ont pas fonctionné et le robot n’est pas ancré à la surface», a indiqué Stephan Ulamec. Destinés à stabiliser l’engin pour mener les expériences scientifiques in situ, les harpons sont une pièce essentielle de l’engin. Les scientifiques ont prévu de donner plus de nouvelles lors d’un point presse à 13h depuis le centre de contrôle de Darmstadt (Allemagne).

Pourquoi n’a-t-on pas encore reçu de photo de la comète?

Cela devait être la première découverte à nous parvenir. Le premier diaporama photo pris par Philae a connu un échec, mercredi soir. «Il nous manque beaucoup de pixels», souriait Philippe Gaudon, chef du projet Rosetta au Cnes. De fait, le robot ayant bougé, les premières images parvenues sur Terre sont floues. «Le photographe a bougé», a indiqué, depuis Darmstadt, Stephan Ulamec. Un deuxième test de photo devait être effectué ce jeudi à 5h. Pour l’instant, aucune nouvelle n’a filtré à ce sujet.

Les batteries solaires parviennent-elles à capter de l’énergie?

Plus anecdotique pour le grand public, c’est l’excellente nouvelle pour la communauté scientifique. Les premiers signaux indiquent que Philae est parvenu à déployer ses panneaux solaires permettant à l’enfin d’engranger de l’énergie. Doté d’une «pile» lui offrant 60h d’autonomie, Philae comptait sur la chaleur du Soleil pour lui permettre de survivre jusqu’au printemps. «On a de l’énergie, s’est donc réjoui Jean-Yves Le Gall. Cela laisse envisager une vie beaucoup plus longue…» Pensé il y a vingt ans et lancé il y a dix ans dans le coffre de la sonde Rosetta, Philae a bien le droit à un petit peu de sursis.