Mission Rosetta: La comète qui pourrait expliquer l'apparition de la vie sur Terre

ASTROPHYSIQUE Le monde scientifique attend beaucoup de l’exploration de la comète Tchourioumov-Guérassimenko le 12 novembre…

Romain Scotto

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La sonde spatiale Rosetta au dessus de la comète Churyumov-Gerasimenko.
La sonde spatiale Rosetta au dessus de la comète Churyumov-Gerasimenko. — CNES/EKIS France, 2013

A l’échelle cosmique, on peut être âgé de 4,5 milliards d’années et rester en bonne santé. Du moins ne pas être trop marqué par les épreuves du temps. C’est le cas de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko qui, selon les scientifiques, est relativement intacte depuis la création de l’univers.

«Je dis relativement parce qu’elle est recouverte d'une espèce de croûte noire qui n’est certainement pas primitive. C’est pour cela qu’on s’intéresse à elle», indique Fabienne Casoli, adjointe à la direction de la stratégie et des programmes du Centre national d'études spatiales (Cnes), qui attend la date du 12 novembre comme un enfant l’arrivée du Père Noël.


>> Découvrez notre dossier «21e Minute» sur la mission Rosetta

 

Ce soir-là, à environ 510 millions de kilomètres de la Terre, un engin humain baptisé Philae se posera pour la première fois sur une comète. Si tout se passe bien lors de son atterrissage, l’exploration de cet objet en forme d’osselet asymétrique pourra alors débuter, attisant un peu plus l’excitation de la communauté scientifique. Lancée il y a deux décennies, la mission Rosetta pourrait livrer des secrets totalement inattendus sur l’histoire de l’univers. Et pourquoi pas, de l’humanité.

«On sait qu’à chaque fois qu’on atterrit sur quelque chose de nouveau, on a des surprises, poursuit la scientifique. Aller sur un objet du système solaire, c’est toujours mieux que de le regarder de loin. On peut réellement l’étudier.» Jusqu’à présent, les astronomes s’étaient contentés de survols, comme au-dessus de la comète de Halley, en 1986. Puis d’une mise en orbite, avec Rosetta. La dernière étape consistera à ramener sur Terre un ou plusieurs échantillons de la comète, même si l’affaire est plus compliquée qu’il n’y paraît.

Des «briques organiques»

L’analyse des matériaux rapportés par Philae pourrait indirectement aider à comprendre comment notre système solaire est né. L’une des interrogations porte sur la présence ou non sur les comètes, de «briques organiques», nécessaires à l’apparition de la vie sur Terre. Par ce biais, elles pourraient avoir ensemencé les océans primitifs en s’échouant sur notre planète.

Après la formation du soleil, les scientifiques savent qu’un grand chambardement a régné dans le système solaire. Les comètes en sont les témoins indirects, comme l’a confirmé la mission américaine Stardust en amassant quelques grains de poussières issus de la queue d’une comète.

Alors qu’ils s’attendaient à récupérer des particules glacées, les spécialistes ont trouvé une matière calcinée. Preuve que les comètes se sont sûrement formées dans une région proche du soleil avant de prendre place à des millions de kilomètres de là. La compréhension de ce mouvement peut permettre d'expliquer comment la Terre s’est trouvée à sa place, à un endroit ni trop chaud ni trop froid pour être habitée. Et pourquoi, en 2014, l'homme en vient à se poser ces questions aussi existentielles.