Espace: Une imprimante 3D dans la Station spatiale internationale

ESPACE L’appareil que la Nasa vient d’envoyer dans l’espace permettra de créer des outils et des pièces de remplacement…

M.C.
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Une image de la Nasa la capsule Dragon de SpaceX à l'arrimage, le 20 avril 2014, à la Station Spatiale internationale
Une image de la Nasa la capsule Dragon de SpaceX à l'arrimage, le 20 avril 2014, à la Station Spatiale internationale — Nasa TV

Au milieu des vivres, souris et autres équipements de recherche, la capsule Dragon lancée tôt dimanche vers la Station spatiale internationale (ISS) contenait une imprimante 3D. L’appareil, que les astronautes testeront pour la première fois en microgravité, pourrait à l’avenir rendre bien des services à bord de l’ISS, à commencer par fournir des pièces de remplacement.

«Actuellement si quelque chose se casse, nous sommes complètement dépendants des équipes au sol pour qu’elles nous envoient des pièces de remplacement», témoigne Niki Werkheiser, chef du projet d’expérimentation. L’opération peut prendre des mois et coûter plusieurs milliers de dollars par kilo envoyé sur orbite. «Ce serait presque impossible d’envoyer tout le nécessaire pour une mission sur Mars ou sur un astéroïde», poursuit-t-elle.

Cela pourrait changer avec les imprimantes 3D, qui permettraient d’«envoyer des pièces dans l’espace par email au lieu de les envoyer par fusée», résume Niki Werkheiser. Les astronautes pourraient ainsi emporter moins de matériel, libérant ainsi une place précieuse.

«Sur Terre, on tient la gravité pour acquise»

Evidemment, l’équipe de Made in Space, l’entreprise qui a imaginé l’engin pour la Nasa, doit relever quelques défis techniques au passage. Des modifications ont notamment dû être apportées pour permettre d’imprimer en apesanteur: «Sur Terre, on construit tout en tenant la gravité pour acquise», explique Grant Lowery, directeur des communications de Made in Space. L’engin n’a encore jamais été testé en microgravité, mais a été emmené plusieurs centaines de fois sur des vols paraboliques, qui permettent de la simuler… pour quelques secondes.

L’imprimante fonctionne de manière entièrement indépendante: les fichiers sont envoyés depuis la Terre, imprimés et surveillés par vidéo. Les astronautes n’ont qu’à récupérer l’objet à la sortie. Pour la suite, les ingénieurs travaillent déjà sur un recycleur, qui permettrait de refondre un objet fabriqué pour réutiliser le plastique par la suite. Dans le futur, l’imprimante pourrait même utiliser les matériaux ramassés sur la Lune ou sur Mars, imagine Niki Werkheiser: «Nous considérons que c’est la première étape vers une production «durable», qui utiliserait les ressources disponibles sur place.»