Les équipes toulousaines du Cnes ont reçu les premières images réalisés par les caméras de Philae.
Les équipes toulousaines du Cnes ont reçu les premières images réalisés par les caméras de Philae. —

ESPACE

Un engin spatial français bientôt sur une comète?

L'atterrisseur Philae va effectuer des prélèvements pour en connaître la composition...

Pas besoin de remettre de l'huile dans les rouages. Malgré les 40 mois d'hibernation, les dix instruments de Philae, l'atterrisseur de la sonde Rosetta, fonctionnent. Les équipes du Centre national des études spatiales (Cnes) en ont eu la confirmation dans la nuit de lundi à mardi, lorsqu'ils ont réceptionné les premières photos des panneaux photovoltaïques de l'orbiteur prises par les caméras installées sur le petit robot de 98 kg.

«Nous avons aussi testé les moteurs de la foreuse qui permettra de faire des prélèvements dans le sol de la comète», explique Jean-François Fronton, l'un des ingénieurs de bord du Centre des opérations scientifiques et de navigation.

Aujourd'hui, ce bijou de technologies se trouve à 600 millions de kilomètres de la Terre. Fin août, il sera à moins de 30 km de sa cible et les sites d'atterrissage potentiels seront identifiés avant le largage le 11 novembre de Philae sur la comète. Objectif : arriver à connaître sa composition. Et à défaut de pouvoir ramener des morceaux, ces derniers seront analysés sur place, chauffés dans des microfours. Le tout fonctionnant avec une puissance de moins de 10 W, la moitié de ce qui est nécessaire pour l'ampoule d'un frigo.

«On sait peu de chose sur ces comètes si ce n'est qu'elles sont composées à 80 % d'eau. Grâce à la sonde Giotto, nous avons découvert que leurs noyaux renfermaient du carbone sous forme de macromolécules. Avec les analyses de Philae, on va peut-être savoir si ce sont les comètes qui ont ensemencé les océans et amené la vie sur Terre», espère Jean-Pierre Bibring, un responsable scientifique du projet. Rendez-vous en novembre.