Vers un traitement pour soigner la maladie de Parkinson?

SANTÉ ne équipe de médecins lillois a livré une étude aux résultats prometteurs, mais qui reste à valider...

Gilles Durand

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Dans la salle de consultation du service neurologie du CHRU de Lille.
Dans la salle de consultation du service neurologie du CHRU de Lille. — M.Libert/20 Minutes

Une avancée dans la lutte contre la maladie de Parkinson? Une équipe de médecins du CHRU de Lille, de la faculté de médecine et de l'université de Lille-II a dévoilé, lundi, les résultats encourageants d'une nouvelle application clinique pour soigner cette maladie neuro-dégénérative qui touche environ 150 000 personnes en France.

Pendant deux ans, quarante patients de l'unité Parkinson du centre hospitalier ont testé une molécule permettant de redéployer le fer dans l'organisme humain. «On sait depuis longtemps que l'excès de fer dans le cerveau est un des facteurs associés à la maladie de Parkinson. Ces patients ont pris un médicament utilisé habituellement chez les enfants qui ont une maladie de sang», explique David Devos, neuro-pharmacologue au CHRU. L'action antixoydante de ce médicament semble ralentir la progression du handicap.

Un traitement sur le marché dans 5 ans

«J'ai senti une nette amélioration à chaque fois que je prenais ce médicament», assure Joseph Rosanski, un des patients qui a participé à l'étude. Depuis 2005, date à laquelle sa maladie a été diagnostiquée, il avait subi d'autres traitements, avec moins de réussite. «Il faut maintenant valider cette étude en vérifiant les résultats sur une population plus large. Nous devons vérifier que les bénéfices sont plus importants que les effets indésirables, comme la diminution de globules blancs pour certains cas», note David Devos. Pour cela, des fonds européens ont été sollicités.

«Dans quatre ou cinq ans, on peut espérer que ce traitement arrive sur le marché», note la neurologue Caroline Moreau. «D'autant qu'on pourrait peut-être l'appliquer à d'autres maladies du cerveau», précise Luc Defevre, professeur en neurologie. Le service hospitalier a, d'ailleurs, commencé, ce mois-ci, à tester un traitement similaire sur des patients atteints de la maladie de Charcot.