Semaine contre le cancer: Le stress, un facteur déclencheur de la maladie?

SANTE Yvane Wiart, psycho-oncologue, explique pourquoi les gens stressés développent plus facilement des cancers…

Romain Scotto

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Illustration: Un salarié stressé.
Illustration: Un salarié stressé. — LEMAIRE/ZEPPELIN/SIPA

Dans la litanie des recommandations pour se prémunir du cancer, il n’est pas inutile d’ajouter quelques séances de yoga. La relaxation ne ferait en effet pas de mal aux gens stressés: ceux-ci seraient plus sujets à la maladie, selon l’idée développée par Yvane Wiart, psycho-oncologue, dans le livre Stress et cancer (Ed. de boeck). Au terme d’une enquête d’une dizaine d’années sur des données scientifiques internationales, elle apporte la preuve d’un lien entre le psychisme et la maladie.

Selon Wiart, docteur associée au laboratoire de l’université Paris Descartes, «le lien de cause à effet entre la personnalité et la maladie se fait par l’intermédiaire de la gestion des émotions. Et donc du stress.» La formation des tumeurs apparaîtrait selon un schéma sensible aux hormones du stress physiologique et chronique, à ne pas confondre avec l’émotion. «Les gens ont tendance à dire qu’ils sont stressés parce qu’ils sont anxieux. Mais le stress est un mécanisme physiologique. C’est une réaction qui indique que la situation dans laquelle on se trouve n’est pas bonne pour soi.» Un peu à l’image d’un zèbre, poursuivi par un lion, dont le rythme cardiaque s’accélère, les muscles s’activent, et le regard devient plus perçant.

Les causes du stress en question

Dans le détail, six étapes doivent être réunies pour qu’un cancer naisse d’une situation de stress. Six processus cellulaires défaillants touchant entre autres les oncogènes, le système immunitaire ou l’angiogénèse. «Les hormones du stress apparaissent au niveau de la duplication des cellules. Plus on est stressé, plus le corps se régénère, c’est une cicatrisation permanente», détaille la psychologue qui insiste sur la nécessité de s’attaquer aux causes du stress pour vivre plus sereinement.

Yvane Wiart a notamment étudié le cas d’école des personnes en deuil. Les études montrent qu’elles déclenchent plus de cancers que la moyenne dans les mois qui suivent la mort d’un proche. L’explication? «Le cancer était sous-jacent car la personne était déjà stressée. Les premières étapes tumorales étaient remplies. Le décès du proche entraîne alors un effondrement du système immunitaire.» A ce moment-là, les tumeurs cancéreuses grossissent brutalement et deviennent décelables. Pour s’en prémunir, certaines solutions existent. «Cela nous incite à réfléchir sur nos relations avec autrui. A prendre conscience de nos émotions, de ce que notre corps nous raconte.» Que traduit donc notre stress? Peur, colère, tristesse, frustration? Le travail d’introspection peut commencer.