Qui est Thomas Pesquet, le Français qui va s’envoler dans l’espace en 2016?

SCIENCES Agé de 36 ans, Thomas Pesquet a deux ans pour se préparer…

Vincent Vantighem

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L'astronaute français Thomas Pesquet, 36 ans, posant le 17 mars 2014 avec sa combinaison de l'agence spatiale européenne (ESA). Il séjournera en 2016 dans l'espace à bord de la station spatiale internationale.
L'astronaute français Thomas Pesquet, 36 ans, posant le 17 mars 2014 avec sa combinaison de l'agence spatiale européenne (ESA). Il séjournera en 2016 dans l'espace à bord de la station spatiale internationale. — François Guillot AFP

Stage de survie dans la Russie enneigée, simulation de sortie dans l’espace en piscine à Houston (Etats-Unis). Les images défilent sur l’écran. «Quelques unes de mes photos de vacances», rigole Thomas Pesquet. A 36 ans, ce Normand sera, en 2016, le dizième astronaute à porter les couleurs de la France dans l’espace. Ce lundi, il a donc détaillé, depuis le ministère de la Recherche à Paris, les contours de sa mission de six mois à bord de la Station spatiale internationale (ISS) en 2016.

«Ce n’est pas la ligne d’arrivée mais bien la ligne de départ, confie-t-il. On me donne le droit de participer au marathon. J’ai deux ans pour m’y préparer.» Car avant d’embarquer à Baïkonour (Kazakhstan) dans le vaisseau russe Soyouz qui doit l’emmener à 45.000 kilomètres au dessus de nos têtes, le jeune homme aux yeux bleus clair a encore du travail. «Faire de l’exercice physique, apprendre à parler russe, s’entraîner aux sorties dans l’espace, liste-t-il. J’ai hâte de m’y mettre…»

>> ISS: «Ce n’est pas un restaurant gastronomique là-haut!» : Lire l'interview du dernier Français qui est allé dans l'espace

«Une fierté nationale» pour Fioraso

Sélectionnés en 2008 par l’Agence spatiale européenne (ESA), Thomas Pesquet a fait partie des six lauréats sur plus de 8.000 candidats. Interrogé par 20 Minutes à l’époque, il avouait alors avoir «tenté sa chance, sans conviction».

>> Relire notre interview de Thomas Pesquet

«Fierté nationale», selon Geneviève Fioraso, la ministre de la Recherche, le jeune homme a tout du petit génie. Fan de parachutisme et de plongée, il a enquillé 2.500 heures de vol chez Air France avant de tenter sa chance au Centre national d’études spatiales (Cnes).

«Vous vous rendez compte qu’il parle six langues», interpelle Geneviève Fioraso. «Non, je parle mal six langues», corrige en souriant le jeune homme ceint de la combinaison bleue des astronautes européens. «Il sera le plus jeune astronaute français à s’asseoir dans une navette», poursuit Jean-Jacques Dourdain, directeur de l’ESA, comme pour clore le débat sur les compétences de celui qui va s’envoyer en l’air.

La théorie de la relativité d’Einstein testée dans l’espace

Il faut dire que ce ne sera pas une promenade de santé pour Thomas Pesquet. Prévue pour durer six mois –«à moins d’un souci!»- la mission doit permettre de faire avancer la science dans des domaines aussi variés que la biologie, les matériaux ou le développement technologique.

Sans parler de la mesure du temps qui passe. Une horloge atomique ultra-précise sera en effet installée dans l’ISS avant d’être connectée à d’autres horloges sur Terre. Le but? Tester la théorie de la relativité d’Einstein afin d’améliorer la géolocalisation et la navigation par satellite.

Quand il a été sélectionné en 2008, Thomas Pesquet avait eu la chance de rencontrer Buzz Aldrin, l’un des premiers hommes sur la Lune. «Sois patient!», lui avait alors dit le spationaute. «Je ne suis pas encore arrivé, confie l’intéressé aujourd’hui. Mais je n’en suis plus très loin…» A plus ou moins 45.000 kilomètres.