Un virus géant de 30.000 ans découvert

SANTE Ce «Pithovirus» a survécu 30.000 ans à la congélation en Sibérie...

Amandine Rancoule

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Une équipe du CNRS est à l'origine de cette découverte.
Une équipe du CNRS est à l'origine de cette découverte. — Superstock / Sipa

Il était congelé à 30m de profondeur depuis plus de 30.000 ans. Un nouveau virus géant, le «Pithovirus», visible avec un microscope, a été découvert par des équipes marseillaises et russes dans une couche de permafrost sibérien.

 

 

«Risques pour la santé»

 

 

«Il est capable d'infecter des amibes mais reste inoffensif pour les humains et les animaux, explique Chantal Abergel, directrice de recherche au CNRS, auteur de l'étude* publiée lundi avec Jean-Michel Claverie. On connaît maintenant trois familles de virus géants.» Ils renferment un très grand nombre de gènes par rapport aux virus courants. Celui du sida n'en contient par exemple qu'une dizaine. «La démonstration que des virus enfouis il y a plus de 30.000 ans puissent survivre et être encore infectieux suggère que la fonte du permafrost à cause du réchauffement climatique et l'exploitation minière et industrielle des régions arctiques pourraient comporter des risques pour la santé publique», souligne aussi Jean-Michel Claverie, le directeur du laboratoire Information Génomique et Structurale.

La réapparition de virus éradiqué, «comme celui de la variole qui se multiplie de façon similaire à celle des Pithovirus, n'est plus du domaine de la science-fiction», précise-t-il. Son laboratoire travaille désormais à l'évaluation de ce risque en cherchant des empreintes génétiques de virus ou de bactéries pathogènes pour l'Homme dans les échantillons de cette couche de permafrost, mais aussi au-delà.

 

■ Pancréas

Une équipe de chercheurs marseillais du centre de recherche en cancérologie a trouvé une molécule permettant de traiter la cachexie, une dénutrition mortelle liée au cancer du pancréas.