Le satellite Corot placé sur orbitre

P.B. avec AFP

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Le satellite Corot doit traquer les exoplanètes.
Le satellite Corot doit traquer les exoplanètes. — Vue d'artiste Cnes-I ll D Ducros

Un éclaireur. Comme prévu la fusée Soyouz avec à bord le satellite français Corot a décollé mercredi à 15h23 de la base spatiale russe de Baïkonour au Kazakhstan. Placé sur orbitre en fin de journée, le satellite va aller traquer, pour la première fois depuis l'espace, les planètes gravitant autour d'autres astres que notre Soleil.

Tout savoir sur le satellite sur le site du Cnes.

La responsable scientifique de la mission, Annie Baglin de Observatoire de Paris-Meudon, table sur une moisson de «quelques dizaines de petites exoplanètes». «Petites», car jusqu’à présent, la plupart des 220 corps extrasolaires découverts sont des «Jupiters chauds», d'énormes planètes gazeuses inhospitalières tournant en quelques jours autour de leur étoile. La plus petite planète détectée hors de notre système solaire est de la taille de Neptune (57 fois la Terre).

Depuis son orbite à 900 kilomètres au-dessus de la Terre, Corot (pour «COnvection, ROtation des étoiles et Transit des planètes extrasolaires») devrait être capable de détecter des planètes rocheuses d’un rayon de l'ordre d'une fois et demie le rayon de la Terre. Bémol: en raison de contraintes d’observation, la majorité des planètes détectées par Corot seront très proches de leur étoile. Trop pour accueillir la vie.

Ausculter le cœur des étoiles

Chasser des planètes ne sera pas la seule mission de Corot. Le satellite devra également mesurer d'infimes variations de la luminosité de 120.000 étoiles. Quand le projet a germé, dans les années 90, cela devait même être sa seule mission. Mais après la découverte de la première exoplanète, en 1995, elle a été élargie.

«C'est probablement ce qui a sauvé la mission» lors des exercices de réduction des coûts auxquels s'astreint régulièrement le Centre national d'études spatiales (Cnes), concède Annie Baglin. Evénement rare dans la recherche spatiale où la plupart des missions sont effectuées en coopération, la France assume à elle seule 75% de l'investissement de 170 millions d'euros, le reste étant pris en charge par l’Union européenne et le Brésil.

La mission de Corot doit durer deux ans et demi. Le temps pour le satellite de faire ses preuves, avant le lancement de la sonde américaine Kepler, annoncé pour 2009. Plus puissante, plus précise, affranchie du voisinage terrestre (elle sera placée en orbite autour du Soleil)... et cinq fois plus chère, Kepler a été calibrée pour traquer des jumelles de la Terre.