Explorer l’espace coûte 30 euros par an à chaque Français

Vincent Vantighem

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Vue d'artiste de la planète HD 189733b, dont la couleur bleu azur rappelle celle de la Terre vue de l'espace.
Vue d'artiste de la planète HD 189733b, dont la couleur bleu azur rappelle celle de la Terre vue de l'espace. — AFP PHOTO / ESA/HUBBLE/NASA / M. KORNMESSER

«La France ne s’en sort pas si mal…» Tout en présentant, début janvier, les perspectives en matière d’exploration spatiale pour 2014, Jean-Yves Le Gall, le président du Cnes, a tenu à tordre le cou à une idée reçue. «Non, la France ne consacre pas un budget dérisoire à l’exploration spatiale!»

Avec 30 euros par an et par habitant, la France compte envoyer, en 2014, pas moins de 2,127 milliards dans l’espace. «Notre subvention est en hausse, poursuit Jean-Yves Le Gall. C’est le niveau le plus élevé jamais atteint depuis dix ans.» Avec ce chiffre, la France affiche le deuxième budget au monde derrière les Etats-Unis qui consacrent 46 euros par an et par habitant. Mais devant l’Allemagne (16 euros) et le Royaume-Uni (6 euros).

>> Découvrir: Les événéments spatiaux de 2014

«A la remorque des Américains»

Mais dans sa démonstration, le patron du Cnes a bien tenu à préciser que ces chiffres concernaient «l’espace civil». Interrogé sur le même sujet pour ce qui est de l’espace militaire par 20 Minutes, il a également estimé que la France ne «s’en [sortait] pas si mal», assurant que l’Hexagone était le premier budget en la matière d’Europe, tout en restant toutefois, derrière les Etats-Unis, la Chine et la Russie.

«L’Europe a une population un peu plus importante que les Etats-Unis. Mais le budget de la Nasa est quatre fois supérieur au nôtre. Nous sommes donc toujours à la remorque des Américains. Il est difficile de faire autrement», nuance à ce propos Jean-Loup Chrétien, l’ancien spationaute interrogé par 20 Minutes.

>> Relire: Notre interview de Jean-Loup Chrétien

Ariane 6 dans les starting-blocks

Le budget du Centre national d'études spatiales (Cnes) revient d’ailleurs à 80% dans l’industrie française. Et au beau milieu d’une crise qui n’en finit pas, le secteur spatial est l’un des rares à pouvoir se vanter de sa situation. «Cela représente 16.000 emplois directs environ, poursuit Jean-Yves Le Gall. Dans ce domaine, un euro investit rapporte 20 euros de retombées commerciales…»

Fort de toutes ces raisons, le patron du Cnes attend avec impatience le conseil ministériel de l’Agence spatiale européenne (ESA) qui se tiendra le 4 décembre à Luxembourg. Le principal enjeu de  ce rendez-vous sera d’aboutir à un accord européen définitif sur l’avenir sur lanceur européen Ariane.

En bout de course, Ariane 5 pourrait dans le futur laisser place à son successeur Ariane 6, afin de permettre à l’Europe de rester compétitive en la matière. Et afin de s’assurer du soutien des plus hautes autorités, Jean-Yves Le Gall n’a pas hésité, en décembre 2013, à faire survoler en hélicoptère à François Hollande, alors en visite en Guyane, le site où il envisage de bâtir le futur pas de tir d’Ariane 6. Le luxe, c’est l’espace.