La Bretagne peut-elle subir un tremblement de terre catastrophique?

Matthieu Goar

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Ile de Balanec, dans l'archipel des Glenan, en Bretagne.
Ile de Balanec, dans l'archipel des Glenan, en Bretagne. — COEURS DE NATURE/AMICE ERWAN/SIPA

La Bretagne tremble. Encore une fois. Dans la nuit de mercredi à jeudi, les Finistériens ont ressenti les secousses d’un tremblement de terre de magnitude 3,5 sur l’échelle de Richter. Pas de dégât pour ce troisième séisme depuis le 11 octobre mais plusieurs questions se posent. Décryptage avec le sismologue Jérôme Vergne, de l’Institut de Physique du Globe de Strasbourg.

Que s’est-il passé?

Certains habitants disent avoir ressenti «comme le bang d’un avion», puis avoir compris qu’un nouveau séisme touchait leur région.  Le phénomène  a été enregistré à 23h49 puis une nouvelle fois aux alentours de 3h. L'épicentre est situé au nord-ouest de Châteaulin, ville située à 45 km au sud de Brest. Magnitude du tremblement? 3,5. «Il s’agit d’une magnitude peu élevée. C’est en fait un événement extrêmement classique puisqu’il y a  plus 1.000 séismes d’une magnitude de moins de 4 dans le monde chaque jour», résume Vergne.

Pourquoi autant de tremblement de terres en si peu de temps?

Ce qui intrigue les habitants, c’est que trois tremblements ont été mesurés en  deux mois [le 11 octobre près de Brest (4,1 sur l’échelle de Richter), le 21 novembre à Vannes (4,5)]. Selon Vergne, la Bretagne est touchée à peu près une à deux fois par an par ce genre de phénomènes. Rien de très alarmant donc pour le moment, surtout que celui de cette nuit est sans doute lié au celui du 11 octobre. «La nuit dernière, l’épicentre semblait très proche de celui de Brest. On attend des détails mais cela peut être une réplique», analyse Vergne. Ces deux séismes auraient eu lieu sur la faille nord-armoricaine, celui de Vannes sur la faille sud-armoricaine.

Peut-on s’attendre à un séisme majeur sur la Bretagne?

Non. «Il peut y avoir des séismes supérieurs à ceux que l’on a connu mais pas de séismes supérieurs catastrophiques à 7», tranche le chercheur qui explique que la Bretagne est traversée par un ensemble de failles actives hercyniennes, c'est-à-dire vieilles de plusieurs centaines de milliers d’années. «En fait il n’y a pas de failles assez longues pour provoquer un immense tremblement de terre», conclut Vergne. Selon lui, ces petits séismes de l’automne sont la conséquence de l’activité de la plaque africaine qui pousse la plaque européenne. Une activité qui se situe à des centaines de kilomètres de la Bretagne.