Le Microraptor, un petit dinosaure, savait bel et bien planer

J.M. (avec AFP)

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Découvert en Chine, un fossile de Microraptor, un dinosaure du Crétacé inférieur (130 à 125 millions d'années).
Découvert en Chine, un fossile de Microraptor, un dinosaure du Crétacé inférieur (130 à 125 millions d'années). — AP/SIPA

Un certain nombre de fossiles découverts ces dernières années sont venus bouleverser les théories sur l'évolution du vol et celle des oiseaux. On sait désormais que plusieurs espèces de petits dinosaures, précurseurs des oiseaux modernes, possédaient des plumes sur les ailes, ainsi que sur les pattes arrière et la queue. Parvenaient-ils pour autant voler ou s'agissait-il seulement d'une étape dans leur évolution ?

Une maquette dans une soufflerie aéronautique

Des chercheurs de l'université de Southampton pensent aujourd'hui avoir mis un terme définitif au débat, grâce à une expérimentation toute simple. Ils ont réalisé une maquette grandeur nature d'un Microraptor du Crétacé inférieur (voici 130 à 125 millions d'années) reproduisant fidèlement les fossiles exhumés, l'ont équipé de plumes et l'ont placé dans une soufflerie aéronautique pour tester ses performances dans différentes postures et configurations.

Verdict: il ne pratiquait pas le vol battu mais d'après leurs calculs, en s'élançant d'une hauteur de 30 mètres, le Microraptor pouvait planer sur une distance de 70 mètres à près de 100 mètres.

«Des vols planés »

«Nous montrons que le Microraptor n'avait pas besoin d'une aile ''moderne'' sophistiquée pour effectuer des vols planés efficaces» car la morphologie des ailes n'est pas déterminante, pas plus que celle de la queue, explique dans un communiqué Gareth Dyke, qui a dirigé cette étude.

«C'est cohérent avec les fossiles recensés, et aussi avec l'hypothèse que les rémiges symétriques sont d'abord apparues chez les dinosaures pour des raisons qui n'étaient pas liées à l'aérodynamisme, et que c'est seulement par la suite qu'elles ont évolué pour devenir des surfaces aérodynamiques», estime le paléontologue.

L'essentiel pour le Microraptor n'était donc pas de planer vite et bien mais d'avoir une surface suffisante pour rester longtemps en l'air et attraper sa proie, selon l'étude, publiée mercredi dans la revue Nature Communications, et qui confirme une étude de 2007.

En mars dernier, une équipe sino-américaine de paléontologues avait révélé que le plumage de ce petit dinosaure possédait des couleurs flamboyantes.