Pourquoi les alvéoles à miel des abeilles sont en forme d’hexagone? (et pas carrées)

J.M. (avec AFP)

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Des abeilles se nourrissent du miel contenu dans les alvéoles de cire d'un cadre de ruche.
Des abeilles se nourrissent du miel contenu dans les alvéoles de cire d'un cadre de ruche. — ALAIN JULIEN / AFP

Elles fascinent depuis des lustres par la complexité et la perfection de leur géométrie: une équipe de chercheurs révèle comment les alvéoles à miel des abeilles prennent leur forme hexagonale. Charles Darwin jugeait le nid d'abeilles «absolument parfait en économisant la main-d'oeuvre et la cire». De nombreuses hypothèses ont été proposées à travers les siècles pour expliquer la géométrie étonnante des alvéoles des abeilles. On a même prêté aux insectes l'étrange capacité d'effectuer des calculs mathématiques complexes pour mesurer des longueurs et des angles.

D’abord de forme circulaire

L'équipe du professeur Bhushan Karihaloo (Université de Cardiff) a constaté que dans la nature, les alvéoles des abeilles sont d'abord de forme circulaire, avant de se transformer rapidement en hexagones arrondis, au fur et à mesure de la construction des rayons, ces sortes d'étagères où elles rangent le pollen et le miel. Le mécanisme de cette transformation, expliquent les chercheurs mercredi dans la revue Interface de la Royal Society britannique, repose sur l'écoulement de cire fondue à la jonction avec des cellules voisines.

Comme du caramel

Voilà! L'explication réside en fait dans les propriétés physiques de la cire utilisée pour construire les alvéoles circulaires. Car à une température d'environ 45 degrés Celsius, la cire commence à couler lentement comme un liquide élastique, visqueux. Elle s'étire comme du caramel, et des angles se forment à la jonction des cellules, donnant naissance à des hexagones.

Les ouvrières, source de chaleur

La chaleur à l'origine de cette transformation est fournie par les abeilles ouvrières qui travaillent furieusement, côte à côte, à la construction des rayons, expliquent les chercheurs. Même si l'énigme de cette étonnante structure a pu être résolue grâce à une combinaison de physique et de mathématiques, les chercheurs rendent néanmoins hommage au travail des insectes. «Nous ne pouvons que nous émerveiller devant le rôle joué par les abeilles dans ce processus, lorsqu'elles chauffent, pétrissent et amincissent la cire exactement là où c'est nécessaire», indiquent-ils.