Un scientifique sachant vulgariser

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Dans Une histoire sentimentale des sciences, Nicolas Witkowski montre que les savants font d’incroyables personnages de roman et les écrivains, tels que Voltaire et Edgar Poe, des scientifiques en puissance. Editeur et professeur de physique au lycée Agora de Puteaux, l’auteur milite pour un enseignement des sciences plus vivant. Quelle « histoire des sciences » racontez-vous ? Le livre est découpé en 35 chapitres courts, qui parlent de Newton, de Darwin ou de Pasteur, mais aussi d’illustres inconnus, comme Lichtenberg ou Ada Lovelace, qui ont eu une influence forte sur la pensée scientifique. L’histoire des sciences « officielle » les oublie. Dommage, car elle se prive d’histoires intéressantes. A qui s’adresse cet ouvrage ? Aux gens qui ne connaissent pas la science ou qui sont rebutés par elle. J’ai évité le jargon, mais gardé une structure chronologique pour donner des repères. Jusqu’au XIXe siècle, la science était « pure curiosité » et se montrait dans des musées privés. Aujourd’hui, elle est « pure utilité » et on s’en sert pour construire des missiles. Peut-on aborder tous les sujets ? J’en suis persuadé. Je me fais fort d’expliquer la relativité générale ou le repliement des protéines aux enfants des écoles. Mes élèves connaissent toutes mes anecdotes. Sinon, on s’emmerde... Prenons un type qui utilise très bien une formule et qui va faire Polytechnique, et un autre qui l’utilise moins bien, mais qui en connaît les limites. Le premier est un imbécile heureux et le second est heureux, tout court.

à lire Du XIe au XXe siècle, de la Perse au pôle Nord, Une histoire sentimentale des sciences mêle allègrement science physique, sorcellerie, biologie, religion, poésie... Brillant et passionnant. Editions du Seuil, 20 euros .