La Terre réfléchit au nettoyage de l'espace

ESPACE Depuis lundi se tient la 6e conférence des débris de l'espace de l'Agence spatiale européenne...

Alexandra Luthereau

— 

Vue de la Terre depuis l'espace le 30 août 2011.
Vue de la Terre depuis l'espace le 30 août 2011. — REUTERS/NASA

Des millions de débris peuplent l’espace. D’après les estimations des scientifiques, 29.000 objets grands d’au moins 10 centimètres, 670.000 pièces grandes d’au moins 1 centimètre et plus de 170 millions mesurant moins d’1 millimètre tournent en orbite autour de la Terre. En 2013, ce sont donc 6.500 tonnes de «déchets de l’espace», satellites abandonnés ou morceaux de fusées en majorité, qui forment la poubelle espace.

Pendant quatre jours, scientifiques, ingénieurs, opérateurs spatiaux, industriels, universitaires et décideurs politiques de toutes les grandes puissances spatiales étudieront les dernières avancées de la recherche, les approches politiques et les solutions techniques disponibles pour prévenir les risques grandissants liés aux débris spatiaux.
 

Collisions de débris en cascade

«Un objet de 10 centimètres serait capable de briser totalement un vaisseau spatial au moment de l'impact», indique Heiner Klinkrad, chef des détritus de l’espace à l’Agence spatiale européenne (ESA). «Rien qu'une collision avec un objet d'un centimètre à la vitesse classique de 50.000 kilomètres/heure dégagerait une énergie équivalente à une grenade qui explose», précise-t-il.
 
Ces dernières années, 250 explosions ont été recensées, dégageant encore plus de débris. Le risque de réaction en chaîne est donc élevé. «On parle de syndrome Kessler», précise Heiner Klinkrad. «C'est-à-dire des collisions de débris en cascade qui rendraient certaines régions orbitales inutilisables à long terme.» Le risque, c’est que la multiplication de ces débris rende une partie de l’espace inutilisable. 
 
Pour autant, la difficulté de trouver des solutions ne réside pas seulement dans les capacités techniques et leurs coûts pour éliminer ces déchets mais aussi dans la résolution de questions de droit international et de propriété des débris.