Espèces fragiles

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Le mandarin et son copain carolin tout aussi coloré, deux canards d'ornements par excellence, devront céder la vedette à des chèvres-naines, des moutons et des cochons d'Inde qui n'étaient jamais allés au salon.
Le mandarin et son copain carolin tout aussi coloré, deux canards d'ornements par excellence, devront céder la vedette à des chèvres-naines, des moutons et des cochons d'Inde qui n'étaient jamais allés au salon. — Robert François AFP

L’astronomie peut-elle expliquer la longévité des espèces ?
Géologues, biologistes et paléontologues savent depuis longtemps que les espèces vivantes ne sont pas éternelles : depuis que la vie est apparue sur Terre, elles apparaissent, se répandent puis, sous l’effet de la sélection naturelle et/ou d’un cataclysme, elles finissent toujours par disparaître et laisser leur niche écologique à d’autres. Les fossiles ont permis d’établir que chez les mammifères, « l’espérance de vie » moyenne d’une espèce est d’environ 2,5 millions d’années. Un cycle apparition/disparition relativement bref dont les chercheurs aimerait bien connaître la cause.
Pour résoudre cette énigme, une équipe européenne de scientifiques menée par Jan Van Dam, de l’Université d’Utrecht a étudié plus de 80 000 dents fossiles de rongeurs ayant vécu sur une période de plus de 22 millions d’années. Cela leur a d’abord permis de confirmer que les naissances et les disparitions d’espèces de rongeurs s’inscrivent dans deux cycles de 1 millions et de 2,5 millions d’années. Les chercheurs ont alors constaté que ces deux cycles écologiques étaient étroitement corrélés avec deux cycles astronomiques : les variations de l’excentricité de l’orbite de la Terre autour du Soleil (2,37 millions d’années) et les variations d’oscillation de l’axe de rotation terrestre (970 000 ans). Sur Terre, ces cycles ont entrainées la survenue périodique de phases de refroidissement global et de changement important du régime des précipitations. Selon van Dam, durant ces périodes de bouleversement climatique, revenant tous les 2.5 et 1 millions d’années, les anciennes espèces ont eu tendance à disparaître, permettant l’apparition de nouvelles espèces plus adaptées au nouvel écosystème. Ces résultats sont publiés cette semaine dans la revue Nature.

Bien qu’elle soit encore relativement jeune, notre espèce a déjà perdu ses plus proches cousins, notamment l’homme de Neandertal, qui n’a pas subsisté plus d’un demi million d’années. En fait les paléoanthropologues se demandent désormais si ces néandertaliens étaient une espèce à part entière, Homo neanderthalensis, ou bien une sous-espèce d’Homo Sapiens. En pratiquant une analyse génétique des fragments d’ADN prélevés sur les restes d’un néandertalien vieux de 45000 ans, une équipe de paléogénéticiens menée par James Noonan du Lawrence Berkeley National Laboratory, a pu apporter quelques éléments de réponse. A l’aide de leur échantillon de matériel génétique, les chercheurs ont ainsi pu calculer que le dernier ancêtre commun entre notre espèce et les néandertaliens vivait il y a plus de 400 000 ans, ce qui fait d’eux des cousins assez lointains… et peu chanceux.

Comme toutes les espèces vivantes, la nôtre disparaîtra un jour. Cette perspective inéluctable, quoique très lointaine, serait moins insoutenable si d’ici là, nous étions certains que d’autres formes de vies intelligentes prendront notre relais ou au moins se souviendront de notre existence. C’est probablement ce qui nous a pousse à envoyer, régulièrement mais à l’aveuglette, des messages vers l’espace ; en espérant qu’un jour, d’hypothétiques extra-terrestres les entendront et voudront bien les écouter. Tout a commencé avec les plaques de bienvenues adossées aux sondes américaines Pioneer , puis les disques de métal embarqué sur les Voyager.
La technique a évolué, et c’est maintenant à l’aide par un faisceau laser dirigé vers l’espace et non avec une carte de visite ou un microsillon métallique que Yahoo va tenter de diffuser le CV de l’humanité dans l’univers. Dans le cadre de l’opération Yahoo Time Capsule, les internautes du monde entier sont invités depuis mardi à proposer des textes, des sons ou des images reflétant la nature humaine. Les documents retenus seront numérisés et diffusés à partir du 25 octobre par un laser monté au sommet de la pyramide de Teotihuacan (Mexique).

Yaroslav Pigenet (yarek.blog.20minutes.fr)