Une fête, une médaille et sept énigmes

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La Médaille Fields, considérée comme le "Nobel des mathématiques", devait être décernée mardi à 12h00 (10h00 GMT) à l'énigmatique savant russe Gregori Perelman, ainsi qu'au Français Wendelin Werner, à l'Australien Terence Tao et à un autre Russe, Andrei Okounkov.
La Médaille Fields, considérée comme le "Nobel des mathématiques", devait être décernée mardi à 12h00 (10h00 GMT) à l'énigmatique savant russe Gregori Perelman, ainsi qu'au Français Wendelin Werner, à l'Australien Terence Tao et à un autre Russe, Andrei Okounkov. — AFP/Interpress

Cette semaine, la Science est en fête. Du 9 au 15 octobre, les laboratoires publics et privés, les organismes de recherche, les campus scientifiques universitaires, les musées, etc. s’ouvrent au public et « vont à la rencontre de ceux qui, d'ordinaire, pensent que la culture et la science ne sont pas pour eux » ; une occasion unique de découvrir le travail des scientifiques et de débattre avec les chercheurs. Cette année, la thématique principale portera sur les sur les rapports entre santé et environnement, santé et travail ; ainsi que sur les mesures expérimentées pour réduire l’impact des pollutions de l’environnement sur la santé humaine. Le site du ministère chargé de la Recherche recense, par région et par ville, l’ensemble des manifestations organisées pour cette quinzième édition de la fête.

On peut aussi fêter la science en décorant les chercheurs les plus en pointe ou en leur attribuant des prix. Chaque année, le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), décerne ainsi sa médaille d’or, la plus haute distinction pour des travaux de recherche scientifique en France. En 2006, le CNRS a décerné ce titre au mathématicien Jacques Stern pour ses travaux sur le cryptage et les codes secrets. Ce professeur d’informatique qui dirige le département d’informatique de l’Ecole Normale Supérieure depuis 1999 est considéré comme « le père fondateur d’une école de cryptologie classant la France aux avant-postes de l'Europe dans la discipline ». Il est l’auteur de plus de 150 publications dans des revues de renommées internationales et il est à l’origine de certains des algorithmes de cryptage utilisés pour sécuriser, par exemple, les paiements en ligne. Le Monde revient plus en détail sur la biographie de ce chercheur d’exception qui a également contribué, grâce à un rapport remis au gouvernement en 1998, à la légalisation en France des outils de cryptage, considéré jusqu’en 1999 comme des armes de guerres.

Car même s’ils n’ont pas de prix Nobel, les mathématicien(ne)s continuent de faire des découvertes exceptionnelles et … controversées. Après les frasques du mathématicien russe Grigori Perelman, le petit monde des mathématiques est à nouveau en émoi depuis qu’une chercheuse américaine a affirmé avoir résolu un autre des sept défis mathématiques du millénaire primés par la fondation Clay : la résolution des équations de Navier-Stokes. Ces équations encore mal comprises, bien que posées dès le XIXème siècle, décrivent l’écoulement des fluides ; elles gouvernent notamment l'écoulement de l'eau dans un tuyau, mais aussi les mouvements de l'air dans l’atmosphère, les courants océaniques, etc. La mathématicienne Penny Smith affirmait être parvenue, en moins d’un mois, à réécrire les fameuses équations dans une forme « calculable » par des outils mathématiques mis au point par elle au cours d’autres recherches. Ses travaux ont été postés le 26 septembre sur le site de prépublication scientifique Arxiv - le site où Grigori Perelman avait lui même mis en ligne ses recherches sur la conjecture de Poincaré . L’article de Smith a immédiatement suscité l’intérêt des mathématiciens et de toute la communauté scientifique.
Toujours est-il que le 8 octobre, Penny Smith a décidé de rétracter son article à la suite de la découverte d’une erreur dans sa démonstration. Toutefois, les mathématiciens qui ont déjà lu ses travaux saluent leur caractère novateur et n’excluent pas que la chercheuse finisse par résoudre effectivement les équations de Navier-Stokes.

Yaroslav Pigenet (yarek.blog.20minutes.fr)