En attendant le réchauffement…

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Six départements du Sud-est - Ardèche, Bouches-du-Rhône, Drôme, Gard, Hérault et Vaucluse - sont maintenus en vigilance orange jusqu'à vendredi soir en raison des risques liés à la canicule sur cette région, a annoncé jeudi Météo-France.
Six départements du Sud-est - Ardèche, Bouches-du-Rhône, Drôme, Gard, Hérault et Vaucluse - sont maintenus en vigilance orange jusqu'à vendredi soir en raison des risques liés à la canicule sur cette région, a annoncé jeudi Météo-France. — Fred Dufour AFP/Archives

Sommes-nous les seuls responsables du réchauffement climatique ? Des scientifiques américains, suisses et allemands viennent en tout cas de démontrer dans la revue "Nature"  que le Soleil n’y est pas pour grand-chose. En compilant les mesures d’activité solaire recueillies depuis près de trente ans par différents satellites spatiaux, les chercheurs ont constaté que celles-ci n’oscillaient que plus ou moins de 0,1%. En extrapolant ces résultats aux quatre cents dernières années, les auteurs de l’étude constatent que les variations de l’activité solaire sont trop faibles pour pouvoir expliquer les changements climatiques observées sur Terre durant cette période.

Dans le même numéro de "Nature", un autre article décrit une expérience qui va être menée en 2010 dans les chambres à bulle du CERN de Lausanne (Suisse). Baptisée CLOUD (Cosmics Leaving Outdoor Droplets), cette expérience doit permettre de tester expérimentalement l’hypothèse très contestée selon laquelle les variations quotidiennes d’intensité des rayons cosmiques et solaires ont une influence sur le climat terrestre. 

Qu’il soit d’origine anthropique ou solaire, l’ampleur du réchauffement global semble désormais une évidence pour la plupart des scientifiques. Afin de sensibiliser le plus large public aux dégâts imputables aux récents changements climatiques, le Programme des Nations unies pour l’environnement vient de s’associer à Google Earth. Le célèbre logiciel permet désormais de voir, à l’aide de clichés satellites successifs pris entre 1963 et 2004, les effets du réchauffement sur une centaine de sites remarquables répartis sur tous les continents : grands lacs, glaciers, calottes polaires, etc.

En favorisant l’évaporation, le réchauffement de l’océan, pourrait également faciliter la formation de tempêtes et de cyclones. Un an après Katrina, la nature des liens entre activité humaine, réchauffement global et augmentation de l’activité cyclonique fait l’objet de débats acharnés entre scientifiques. La dernière étude sur la question a été publiée en ligne dans la revue "Proceedings of the National Academy of Sciences". Elle indique qu’il est peu probable que l’augmentation récente du nombre (et de l’intensité) des tempêtes sur l’Atlantique et le Pacifique soit imputable à des causes naturelles.

Reste que pour certains scientifiques, le réchauffement actuel est d’une telle ampleur qu’ils en viennent à douter de l’efficacité des mesures préconisées par le protocole de Kyoto. Ainsi, au cours du discours inaugural du dernier festival de la British Association for the Advancement of Science, sa présidente Frances Cairncross a invité son auditoire à accepter dès maintenant de vivre dans « un monde plus chaud et plus sec ». Selon elle, les gouvernements ne doivent pas seulement essayer de limiter les émissions de gaz à effet de serre, ils devraient aussi immédiatement commencer à lutter contre les effets désormais inévitables du réchauffement : mise au point de semences résistantes à la sécheresse, construction de digues, déplacements des personnes habitant les zones inondables, etc.

Yaroslav Pigenet (yarek.blog.20minutes.fr)