PORTRAIT. Felix Baumgartner, «né pour voler»

PORTRAIT L'Autrichien volant va tenter dimanche l'exploit le plus dangereux de sa longue carrière de casseur de records...

Nicolas Bégasse

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Felix Baumgartner à Roswell (Nouveau Mexique), le 9 octobre 2012.
Felix Baumgartner à Roswell (Nouveau Mexique), le 9 octobre 2012. — AP/SIPA

Voler, «c’est son objectif depuis la plus tendre enfance, il va assurer». Cet optimisme, cette foi en Felix Baumgartner, c’est Joe Kittinger qui l’a exprimée à quelques jours de la nouvelle tentative de l’Autrichien volant. Dimanche, «Fearless Felix» essaiera à nouveau de s’élever en ballon à 36 kilomètres de haut pour sauter, devenant le premier homme à franchir le mur du son en chute libre.

Et Joe Kittinger n’est pas n’importe qui: cet Américain de 84 ans est l’actuel détenteur du record de la plus longue chute libre. En 1960, il a sauté d'une hauteur de 31 kilomètres. Depuis, six personnes sont mortes en tentant de battre son record. Et Felix Baumgartner espère bien ne pas être la septième.

Avalanche de records

Agé de 43 ans, cet ancien militaire a grandi dans l’ombre des Alpes autrichiennes, à Salzbourg. Passionné de parachutisme, de vol et de chute libre depuis sa plus tendre enfance, il a effectué son premier saut dès que la loi autrichienne lui en a donné le droit, à 16 ans, avant de s’engager dans l’armée. Là, il perfectionne son talent de sauteur parachutiste. C’est en 1986 qu’il tombe dans le base jump, cette activité qui consiste à sauter d’un endroit original (pont, tour…) avant de déplier son parachute.

A partir de là, il multiplie les records en collaboration avec Red Bull, dont il est l’un des premiers athlètes sponsorisés: plus haut base jump depuis un bâtiment (la tour Taipei 101 de Taiwan), plus bas base jump (depuis le bras du Corcovado, à Rio), traversée de la Manche en chute libre «ailée», etc.

Mais attention, Felix n’est pas une tête brûlée. «Tout est une question de préparation, de travail. Je déteste quand on dit que je suis un casse-cou, un drogué à l’adrénaline, parce que c’est faux. J’aime aussi toute la partie planification.» Celui qui partage sa vie entre la Suisse et les Etats-Unis «est dans l’air comme un poisson dans l’eau», estime Art Thompson, le directeur du projet Red Bull Stratos. «Je ne me sens chez moi que dans l’air», affirme Felix, qui porte un tatouage sur l’avant-bras indiquant en larges lettres: «Born to Fly».

La mort au bout du vol?

Born to fly, oui… mais born to die, aussi? Mercredi, un expert de la Fédération aéronautique internationale qui estime que Felix a une chance sur deux de survivre au projet Stratos expliquait à 20 Minutes: «Je pense qu’il s’est préparé pour que sa vie se termine par ce vol.» Il est vrai que Felix peut inquiéter quand il déclare, à propos de sa chute libre prévue dimanche: «C’est probablement le dernier objectif que j’ai à accomplir.» Un peu mystique, ce croyant explique d’ailleurs que «Dieu a un plan pour chacun de nous, moi y compris».

La mort, évidemment, il l’envisage: «Pour que je meure (dimanche), il faudrait que tout un tas de problèmes arrivent au même moment», veut-il croire. Mais avant de sauter, ce fort gaillard aux airs de David Beckham et Mark Wahlberg n’oubliera pas de serrer sa maman dans les bras. «Je lui ai demandé pourquoi elle souhaitait être présente [à Roswell, lieu de départ de son ascension]. Elle m’a dit: “Si ça tourne mal, je t’aurai serré contre moi une dernière fois.” Ça me met beaucoup de pression, car je ne veux pas la laisser tomber, donc je dois rester en vie.»