Cancer du cerveau: Les chats blanchis de tout soupçon

SANTE Les chats avaient été accusés de favoriser l'apparition de cancers chez leurs maîtres, une théorie que des médecins viennent de battre en brèche...

Audrey Chauvet

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Femme dormant avec son chat.
Femme dormant avec son chat. — CACCHIA/SIPA

Minou a eu chaud. Accusé par des chercheurs français de favoriser l’apparition du cancer du cerveau chez ses maîtres, le chat domestique a été blanchi par de nouvelles études, parues dans le journal Biology letters.

Un lien remis en cause

En juillet 2011, des chercheurs du CNRS de Montpellier avaient établi un lien entre un parasite, le Toxoplasma gondii, et l’apparition de cancers du cerveau. Le T.gondii est l’agent de la toxoplasmose, une maladie véhiculée par les animaux, dont les chats. Selon les études menées par les chercheurs montpelliérains, les pays où la toxoplasmose touche le plus grand nombre de personnes sont aussi ceux où on l’on constate une forte prévalence des cancers du cerveau. Selon eux, la présence de ce parasite dans la population pourrait presque doubler le risque de développer un cancer du cerveau.

Les maîtres de chats avaient donc du souci à se faire, le parasite pouvant être présent dans les crottes des animaux. Mais une étude sur 100.000 femmes britanniques âgées de 50 ans et plus innocente les félins: celles qui ont un minou à la maison ne sont pas plus sujettes à l’apparition de tumeurs, selon les observations menées pendant trois ans sur l’échantillon.

Les ravages du T.gondii

Le T.gondii est néanmoins toujours soupçonné de provoquer des troubles du comportement chez les personnes qui en sont atteintes: les rats étudiés en laboratoire ont montré une intrépidité étonnante lorsqu’on leur injectait le parasite, n’ayant plus peur des chats qui pouvaient les dévorer tranquillement et développer ainsi le parasite dans leurs intestins… Certains chercheurs estiment que chez l’homme, le T.gondii pourrait favoriser la schizophrénie, et même que les hommes atteints seraient plus agressifs, tandis que les femmes auraient plus tendance à tromper leur mari… Pour ça, on pourra toujours accuser le chat.